‹ Œuvres poétiques.Chapitre 99 sur 235 · GÉNIE ET MATIÈRE · texte numérisé non relu

GÉNIE ET MATIÈRE

Vieux Goethe ! ô front rêveur que le doute a plissé ! Quand l'âme de ton Faust par le trépas s'épure , Tu dis le ciel ouvert et le pieux murmure Du grand chœur séraphique autour d'elle empressé.

Mais ton tableau sur tous habilement tracé j C'est Méphistophélès , démon de la luxure ^ Pour les beaux chérubins pris d'une flamme impure, Sous les roses d'Éden brûlant , mais terrassé.

Hé bien ! maître , j'ai vu mieux que ta belle page : J'ai vu deux séraphins, vierges au doux visage, Égarer dans nos murs leurs chants et leur candeur ;

Merveille 1 et ces beaux fils Protecteurs de la Scène,

Ces Anges ténébreux du vil et de Fobscène,

Les suivaient d'un regard presque saint de pudeur !

Page 1