A CELUI OUI M ECOUTE
(^)u'importe qu'Hésiode et Lucrèce et Virgile En chantant la nature aient ravi l'univers, Qu'en ses odes Flaccus, Théocrite en l'idylle, Soient restés sans rivaux pour le charme des vers?
(Qu'importe de nos jours que Hugo, Lamartine, Et Musset qui reçut un don plus grand encor. Aient en des vers divins dépeint l'œuvre divine, Malgré le vil métal qui se mêle à leur or ?
Parce qu'ils ont chanté, faut-il briser ma lyre .' Parce qu'ils ont aimé, faut-il fermer mon cœur ? Ont-ils donc du printemps emporté le sourire Et scellé la jeunesse en leur tombeau vainqueur?
Non ! les bois ont toujours leurs retraites profondes. La Heur a ses parfums et la nuit ses splendeurs ;
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La source ji^arde encor la fraîcheur de ses ondes, L'âme a toujours des chants et les yeux ont des pleurs.
Sans songer aux douceurs de ruches de Fllymette, L'abeille continue à distiller son miel, Et, redisant les chants qu'a notés son poète, Philomèle la nuit pleure encor sous le ciel.
Suivant l'ordre divin, chante donc, ô mon âme ; Décris ce que tu vois et dis ce que tu sens. Celui qui de la vie a mis en toi la llamme A ton ('motion prêtera ses accents.
.\e crains pas d'admirer le printemps et les roses ; Cherche à dire en beaux vers ce qui te semble beau. En tes jeunes tableaux peins les antiques choses ; Quand on est simple et vrai, l'on est toujours nouveau.
Si tu ne peux forcer l'indillerence humaine, Ne désespère pas, mais va toujours chantant. Chante pour les forêts, pour les ileurs, pour la plaine, Pour Tanii qui t'écoute et pour Dieu qui t'entend.
LE DIMANCIll-: A PARIS
La semaine a passé dans un rude labour. Le corps a pris six jours, le septième est à Tàme. C'est le jour du repos, des enfants, de la femme : Chrétien, lève la tète et bénis le Seigneur.
Non ! Il doit chaque jour verser mémo sueur. Malgré l'esprit qui souifre et la chair qui réclame. Plus de foi, plus d'amour ! un despotisme infâme Lui vole tout, son Dieu, sa famille et son cœur.
Misérable forçat, il va traînant sa chaîne : Le vice est son repos, sa volupté la haine. Il parle pour maudire, il boit pour s'enivrer.
C'est en blasphémant Dieu qu'il croit faire acte d'homme, Et, fier de son harnais, ce citoyen de somme Mord la divine main qui le veut délivrer !