‹ Œuvres poétiquesChapitre 105 sur 140 · LE BERCEAU ET LA TOMBE · texte numérisé non relu

LE BERCEAU ET LA TOMBE

L'homme naît, le voilà qui pleure :

A quoi bon naître pour souffrir ?

L'homme vieillit, il faut qu'il meure : A quoi bon vivre pour mourir ?

D'un pas rapide il court, il tombe Dans la froide horreur du tombeau.

— Oui, tout berceau porte une tombe, Mais toute tombe est un berceau.

Cette vie expirante et brève Conduit à l'immortalité.

Alors qu'on croit que tout s'achève.

Tout commence en réalité.

Tout être gémit et soupire Au moment qu'il est enfanté, Et pour naître il faut qu'il déchire Les entrailles qui l'ont porté.

Ainsi l'âme au corps asservie, Brisant sa chaîne avec elîort, Libre s'élance vers la vie Du sein déchiré de la mort.

iSURSl-'M CORDA

Dans les liens du corps l'âme humaine empêchée Retourne contre Dieu les dons du saint amour. Les biens dont il se plut à parer son séjour La courbent vers la terre et l'y tiennent penchée.

Le Seigneur use alors d'un céleste détour Pour ramener à lui cette âme détachée.

11 hii reprend ces l)iens dont elle est entichée, Et les retire à soi par un juste retour.

Beauté, jeunesse, éclat, tout s'ellace et meurt vite. L'âme ne quitte rien, mais c'est tout qui la quitte. Alors, se déprenant des choses d'ici-l)as.

Elle lève plus haut son regard infidèle,

Voit, à travers ses pleurs, Dieu (pu lui tend les bras

l']t i-econnaît (uilin la maison paternelle.

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