AUTREFOIS
Autrefois, le ruisseau limpide Coulait joyeux parmi les Heurs.
Aujourd'hui, dans sou cours rapide, On dirait qu'il roule dos pleurs.
Autrefois, des chants d'allégresse S'élevaient des prés et des bois.
Aujourd'hui, des chants de tristesse Sortent de partout à la fois.
Autrefois, la riante plaine Etincelait à mes regards.
Aujourd'hui, sa face sereine Se voile d'ombre et de brouillards.
Démon front la jeune couronne Feuille à feuille meurt sous mes doigts. Aujourd'hui, c'est le pâle automne, C'était le printemps autrefois.
Et pourtant, ô grâce, ô sourire, Mon cœur ne vous regrette pas.
Qu'êtes vous, reflets d'ici-bas, Auprès des sj)lendeurs où j'aspire ?
A UN PECIIEIU
— Mallieureux, où vas-tu, promenant au hasard Ta démarche incertaine et ton visage blême ?
— Je cherche le repos, et je me fuis moi-même ; Mais partout je me trouve et la paix nulle part.
Sur moi je sens de Dieu l'implacable regard. Jusqu'au pied de son trône a monté mon blasphème. Rien ne peut de mon front détourner l'anathème. Pour désarmer sa foudre, hélas ! il est trop tard !
Où me cacher ? où fuir sa terrible justice ? De son ressentiment l'univers est complice. Dieu partout est présent, comme il est éternel !
— Ingrat, ignores-tu que ton juge est ton père? Tu crains son bras vengeur, tu veux fuir sa colère; ? I']h bien, cours te cacher en son sein paternel !