‹ Œuvres poétiquesChapitre 109 sur 140 · LE CALVAIRE · texte numérisé non relu

LE CALVAIRE

Quand Jésus sur la croix mourait, un des bandits A sa face adorable osa jeter l'outrage ; Et Jésus soupirant détourna son visage, Arrêt silencieux de ceux qui sont maudits.

L'autre larron disait : « Au ciel votre héritage, Souvenez-vous de moi. Seigneur ! — Je te le dis. Répliqua le Sauveur en son divin langage, Tu seras avec moi ce soir en Paradis. »

Pécheur, de qui l'orgueil blasphème et désespère, Méchant, qui ne crois point à la bonté d'un père, Vois ces larrons et tremble : un seul est pardonné.

Mais toi, pauvre égaré, plutôt fail)le qu'impie, Qui du sein de la mort tends les bras à la vie. Regarde, pleure, espère : un seul est condamné,

VOIX \)v soin

Quand lasse de rayons, de chaleur et de vie, La nature s'affaisse et repose assouvie

Aux feux mourants du jour ; l^ors({u'en rimmensité le dernier bruit expire, Et cpi'aux bords des forets la brise ({ui soupire

Tombe et meurt à son tour ;

Du sein profond des bois, une voix solitaire. Voix de l'oiseau des nuits qu'entoure le mystère,

S'élève lentement.

La tristesse respire en sa grave harmonie, Et l'oreille se plaît à la monotonie

De son çcîmissement.

Ainsi, quand de la vie achevant la journée, Le voyageur humain, sa route terminée

Touche au seuil de la nuit, ^Jfuand tout est elfacé des rêves de la terre. Que le bonheur des sens n'est plus qu'une chimère,

\jH gloire un pcMi (h; bruit ;

VOIX DU SOIH 235

Quand au milieu de l'ombre et du dernier silence, Du rivage divin, où brille l'espérance,

L'âme entrevoit le port, Elle chante en partant, sans.regretet sans larmes. Les douleurs de la vie et ses vaines alarmes,

Et la paix de la mort !

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