‹ Œuvres poétiquesChapitre 118 sur 140 · REINE · texte numérisé non relu

REINE

( Hiellc est cette image lointaine Oui s'olFre à mes regards confus?

Eh quoi! c'est vous, ma pauvre Reine? Je ne vous reconnaissais plus.

Voilà vingt ans qu'au cimetière Votre corps sans bruit fut porté, Et qu'au séjour de la lumière Votre esprit candide est monté.

Quand j'étais enfant au collège, Votre hiver touchait mon printemps.

En voyant vos cheveux de neige, Je me disais : elle a cent ans !

Pauvre Reine, votre jeunesse A soigné mon père au berceau, Et votre fidèle vieillesse C^ouclia mou aïeule au loirdx'au.

Vous avez d'une main amie Rercé deux uénérations.

Aiiner, embellir notre vie, C'étaient vos seules passions !

Pendant plus de cinquante années Constante en vos saintes amours, Vous avez à nos destinées Uni la longueur de vos jours.

Par Tào-e et l'amour souverai

ne,

Le front de respect couronné, Vous méritez ce nom de Reine Qu'un hasard vous avait donné.

Hélas! qu'ètes-vous devenue, Royauté des vieux serviteurs ? Nous t'avons à jamais perdue.

Simplicité des vieilles mœurs !

O foyers ! maisons paternelles !

Liens charmants et disparus !

Bons maîtres, serviteurs fidèles.

Le monde ne vous verra plus !

Retourne donc à ta poussière Loin de notre pâle soleil ; Rejoins mon aïeule et mon père.

Pauvre Reine, et dors ton sommeil.

Dors parmi les choses passées, Dans la poudre de nos vieux droits, Avec nos grandeurs elFacées, Avec les reines et les rois !

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