DEMAIN
Les bois sur son front pur étendent leurs ombrages. Le livre commencé va tomber de sa main, La bise curieuse en feuillette les pages Comme nn enfant pressé d'arriver à la fin.
( )ubliant la fraîcheur et l'éclat du matin, Elle poursuit en l'air de confuses images, Et tout bas elle épèle au livi'o des nuages Les lettres de ce mot mystérieux : demain !
Pourquoi rêver ainsi? Que rais-lii, jeune fille ?
Sur sa tète, en ton cœur, le printeuips chante et brilU
Ecoute ses chansons et respire ses fleurs.
Tes jours sutit innocents, tes nuits pleines d'étoiles. L'av(;uir «;st à Dieu, ne lève point ses voiles! Oui s.iii I-.. (jut; demain te réserve de pleurs.
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ADELE
Mes sœurs, vous souvient-il d'Adèle, Avec son grand bonnet normand, Sa bonté quasi maternelle Et son éternel grondement?
Nous formions un peuple rebelle
A son faible gouvernement.
Ah ! comme nous nous moquions d'elle,
Mais que nous l'aimions tendrement !
C'était un meuljle de famille, Et l'excellente vieille iîlle Serait encore à la maison.
Si la mort trop tôt ne l'eût prise Et couchée auprès de l'église Sous une touffe de gazon.