‹ Œuvres poétiquesChapitre 135 sur 140 · LES DEUX JARDINS · texte numérisé non relu

LES DEUX JARDINS

Encor tout palpitant du souffle créateur, Sous le ciel vierge, Adam dormait son premier somme. Et le Seigneur se dit : « Il n'est pas bon que l'homme Soit seul ; donnons-lui donc une épouse, une sœur. »

Sous le doigt du Très-Haut, rùtrc charmant qu'on nomme Eve, sortit du flanc du mystique dormeur, Rayonnante de grâce, aurore de bonheur : Eve, hélas ! qui devait lui présenter la pomme.

Le couple virginal, dans son royal séjour S'avança radieux, et, par des chants d'amour, 11 prit possesion du jardin de délices.

Mais quand Jésus scella son hymen avec nous, C'est eu suant le sang, seul, livide, à genoux. Qu'il prit possession du jardin de supplices !

VyiE MARTYRE

Agathe la chrétienne est conduite au Prétoire. Les martyres, ses sœurs, invisibles essaims, Par d elà les tourments lui présentent la gloire Dont le Seigneur revêt ses Vierges et ses Saints.

Repoussant de César la pitié dérisoire, FAhi soufTre et se tait, de bronze en ses desseins Et l'Empereur, vamcu sur son trône d'ivoire, Ordonniï en fi'émissant qu'on lui coupe les seins.

Ti'assis lance tressaille à cet ordre barbare. La nature s'émeut; le bourreau se prépare. La Vierge cependant, tranquille et sans émoi,

Au tyran qui ]»Alit jette un regard sévère, Et lui dit : « Malheureux ! Tu déchires en moi Ce que tu suças en ta mère ! )>

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