A. DE SÉGUR
IiNTRODUGTION
Dans l'histoire de TÉglise et du monde, il n'est pas d'époque plus intéressante que celle des persécutions ; dans l'histoire des persécutions, il n'est pas de ligure plus touchante et plus sublime à la fois que celle de sainte Cécile. Belle, patricienne, maîtresse d'une immense fortune, elle a les grandeurs de ce monde. Épouse et vierge, apôtre de la grâce, mère des pauvres, fille chérie du pontife Urbain, comme lui sainte et martyre du Christ, elle a les gloires du ciel. Mourante, elle chante encore les louanges de Dieu ; son dernier regard convertit ses bourreaux. Un saint, un pontife la veut ensevelir de ses propres mains, et par un privilège inouï, elle prend place, dans les Catacombes, près des reliques sacrées des chefs de l'Église. Le palais où elle mourut, légué par elle à la société chrétienne, respecté des persécuteurs, est transformé en sanctuaire, et sa dépouille mortelle y revient, après six siècles, pour un triomphe qui n'a pas cessé.