SCÈNE YI
l.iis MÈMKs, SAL(3MÉ VALÉRIEN
Mais que veut Salomé ?
SALOMK, à 'ribnrce.
Pardonnez mon émoi.
Un des g-ens de Sextiis vient d'accourir vers moi Il m'a remis pour vous ce billet de son maître.
Hélas ! je sais trop bien ce que dit cette lettre ! Lisons : « Je n'ai rien pu. S'il lui reste du temps, Que votre frère parte. Encor quelques instants, C'en sera fait de lui. »
(hi'ontonds-je, ma Cécile?
De surprise et d'efîroi je demeure immobile. Qu'a-t-il dit ? Ton époux serait-il menacé ? Réponds-moi. Tout mon sang dans mon cœur s'est glacé.
Laisse à d'autres les pleurs, ô ma chère nourrice. Notre Dieu le premier a vidé le calice. Chacun y doit tremper ses lèvres à son tour, Et la mort est le sceau du véritable amour.
Non, tu ne mourras j)oint ! non, ce n'est pas possible. Dieu ne peut exiger ce sacrifice horrible.
VALERIEN
Contre sa volonté tu te débats en vain. J'ai promis, et Jésus, le créancier divin, S'apprête à réclamer la rançon de ton âme.
Ne parle pas ainsi. Par pitié pour ta femme. Si ce n'est pour mes pleurs, liàte-toi de partir. Va, fuis avec Cécile, et me laisse mourir.