SCÈNE VII
LES MÊMES, DES SOLDATS CO.NDUnS PAR UN,CE.NTURIO.\ LE CENTURION
Seigneur, je viens remplir un douloureux office, Mais je suis un soldat ; il faut que j'obéisse.
78 (KUVRES POÉTIQUES
(Chargé crexécuter rordre du g'ouverneur, Je viens vous arrêter au nom de l'empereur.
TIHURCE
Savez-vous de quel crime on accuse mon frère ?
LE CENTIHIOIS
( hie je le sache ou non, seigneur, je dois le taire.
VALÉRIEN
Je suis prêt à vous suivre, et je vous attendais. Mon crime, c'est ma foi, Tiburce, tu le sais ; .Ne prolonge donc pas une lutte inutile. Au revoir ! Souviens-toi ! Veille sur ma Cécile.
Moi, te quitter ? jamais ! mon sort sera le tien. Comme toi, maintenant, ne suis-je pas chrétien ? Devant Almachius je saurai le redire.
Je veux t'accompagner à la mort, au martyre.
VALÉRIEN
Au martyre, à la mort ? Pour mourir avec moi, Es-tu sûr de ton cœur ? Es-tu sûr de ta foi ?
TIRURCE
Je suis sûr de t'aimer ! que m'importe la terre Quand tu n'y seras plus? Je désire et j'espère
VALERIE^
Suis-moi donc, tendre ami. Venus ensemble au jour,
Ensemble nous fuirons du terrestre séjour.
Ton front n'a pas encor reçu Teau du baptême,
Mais ton cœur est chrétien, puisqu'il croit et qu'il aime.
Le bourreau tiendra lieu du prêtre bénissant :
Le fer te donnera le baptême du sang.
Allons! marchons tous trois au combat, à la vie.
(A Salomé.) Au revoir, ô ma mère, en la sainte patrie.
LE CENTUIUON
Mon, demeurez, madame, eux seuls doivent venir. Prisonnière en ces lieux je dois vous retenir.
Que dites-vous ? Comment ! jusqu'à l'heure dernière Je ne puis assister mon époux et mon frère ? Une femme, une sœur !
LE CENTURION
Mes ordres sont exprès ; Il vous est interdit de quitter ce palais.
CÉCILE
Mais s'ils sont criminels, je le suis davantage. Leur mépris de vos dieux, leur foi, je les partage J'ai le droit de mourir.
LE CENTURION
Digne ou non du trépas, Madame, il faut rester ; vous ne les suivrez pas.
Helas
CECILE
VALERIEN
Olîrons à Dieu ce dernier sacrifice.
Et que sa volonté jusqu'au Lout s'accomplisse.
Quoi ! je dois vivre encor
VALERIEN
Tu nous suivras bientôt Nous allons préparer ta demeure là-haut. Je pose sur ton front mes lèvres fraternelles : Va, la mort nous rendra des noces immortelles.
Valérien ! Tiburce ! ils s'éloignent, grand Dieu .Vdieu, soldats du Christ.
ÏIRURCE
Vierge du Christ,
adieu
Adieu,
ma sœur.
VALÉRIEN
Adieu, ma sœur.
CÉCILE
Adieu, mes frères.
Quand vous serez au ciel, accueillez mes prières.
(Ils sortent.)