‹ Œuvres poétiquesChapitre 46 sur 140 · CHŒUR DES ENFANTS · texte numérisé non relu

CHŒUR DES ENFANTS

Seigneur, prêtez l'oreille à notre humble prière ! Au nom de vos enfants, rendez-nous notre mère. Nous n'avons qu'elle seule, hélas ! pour nous aimer.

Par leurs pleurs innocents laissez-vous désarmer, Seigneur. Du Dieu vivant détournez la vengeance, Et, pour la mériter, imitez sa clémence.

ALMACHius, hétiitanl.

Eh bien... !

PREMIER SOLDAT, Ù llïi-COix.

11 va céder ; on dirait qu'il a peur.

LE DÉCURION, tlc lilêllU'.

Qu'il prenne garde à lui. (^)uc dira Tempereur ?

12'« (KIVRES lH)KT[OUi:S

VLMACIIIUS

Qu'ont-ils à in'observer ? Us cachent un sourire :

Ils parlent de César et des dieux de l'empire.

Pensent-ils que je tremble, ou bien que je trahis

Ces maîtres tout-puissants à qui seuls j'obéis ?

A la crainte, au remords ouvrirai-jo mon âme ?

M'avouerai-je vaincu par une simple femme ?

Ai-je oublié déjà de quel front org-ueilleux

Elle outrageait tantôt l'empereur et les dieux ?

Et quand je l'oublierais, quand je lui forais grâce.

N'est-elle pas d'airain comme toute sa race ?

IndilTérente atout, à la vie, au trépas,

Elle me braverait et ne changerait pas.

Uien ne peut à ses yeux me laver de mes crimes.

Puis-je rendre la vie à mes autres victimes ?

Tant de sang répandu, son frère, son époux.

Comme un mur éternel s'élèvent entre nous.

Non ! non ! Il est trop tard. Plus de faiblesse humaine.

Ne sacrifions point la proie à l'ombre vaine.

Et montrons à ces gens qui m'observent là-bas

Ou'Almachius est fort et ne recule pas.

Approchez-vous, holà! gardes!

Quel ton farouche !

Vous aviez à l'instant le pardon à la bouche, Seigneur.

LK MAKTYUK 12^

\LMACinUS

Femme, tais-toi, redoute mon courroux-, It tremble pour toi-même.

Ht

f- Ah ! je tremble pour vous.

.Tésus-Christ est mon maître. Il est aussi le vôtre.

ALMACHIUS

I Mon seul maître est César, et je n'en veux ])oint d'autre. Ton Dieu m'est inconnu.

Mais il vous connaît, lui.

Il parlera demain, s'il se tait aujourd'hui. Méchant, vous apprendrez un jour à le connaître : Mais il sera trop tard.

ALMACHIUS

Servez-le donc, ce maître !

Pour le mieux honorer, vivez dans la douleur, Et mourez dans le sang. Moi je sers l'empereur. Il est temps d'en finir. Je sais vos sortilèges. Vos martyrs, au moyen de signes sacrilèges, Pour une heure parfois nous disputent leurs jours ; Mais, de façon ou d'autre, ils succombent toujours.

12<) (KIVRKS POKTIQUES

Nous Talions voir encor. Pour tuer cette femme, Il faut tenter le fer à défaut de la flamme. Puisque dans la vapeur elle tarde à mourir, De la salle de bains qu'on la fasse sortir.

{Au bourreau.

Hàtetoi, frappe-la sur le seuil de la porte : Du Christ ou de César on verra qui l'emporte. Va, fais vite.

LE BOURREAU, llCSltant.

Seigneur...

ALMVCMIUS

Tu n'as pas obéi ?

LE ROURREAU

Seigneur, à son aspect...

ALMACIIIUS

Veux-tu mourir aussi ?

LE ROURREAU

Une telle splendeur l'éclairé et l'environne, Que je n'ose...

ALMACIIIUS

Oses-tu raisonner quand j'ordonne?

Te fais-je moins peur qu'elle? Esclave, obéis-moi.

LE MAHTYRE 127

Égorge-la sur Theurc ; ou moins làclie que toi, Cn autre exécuteur de mon ordre suprême, Avant de la punir, te punira toi-même.

LE BOURREAU

Puisque vous m'y forcez, j'obéis : que son sang Retombe sur vous seul ! moi, j'en suis innocent.

Jl sort.)

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