‹ Œuvres poétiquesChapitre 45 sur 140 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Le.s Mkmi-.s, ALMACtlIl s, SEXTUS ALMACHILS

Arrière, vils pleureurs, D'un Dieu crucifié lâches adorateurs !

Implorez-le, ce Dieu si fécond en merveilles, Et ne fatiguez pas plus longtemps mes oreilles.

[Aux soUInls cl au Ijoarrcau.) Est-ce fini ? L'arrêt est-il exécuté ? Vous vous taisez !

LE BOURREAU

Seigneur...

ALMACHIUS

Eh quoi ! ma volonté N'a-t-elle pas été fidèlement suivie ?

Cette femme insolenl(! est-elle encore en vie ?

LE M\RTYRE 121

LE BOURREAU

\'(His m'en voyez, seigneur, comme vous confondu. J en atteste le ciel, j'ai fait ce que j'ai dû ; Mais contre un Dieu caché ma force s'est brisée. Dans sa prison de feu, sous la voûte embrasée, Elle reste enfermée, impassible et sans peur. Elle n'a pas changé seulement de couleur. Son cachot retentit d'accords et de cantiques. Et je me sens vaincu par ses secrets magiques.

ALM.VCHIUS

Quelle est cette folie ? As-tu perdu le sens ? Te moques-tu de moi ?

LE BOURREAU

Que les dieux tout-puissants.

Si je ne dis pas vrai, devant vous me confondent ! Interrogez vos gens, seigneur, et qu'ils répondent.

LE DÉCURIO.N

Il ne vous trompe point, il a fait son devoir, Seigneur ; mais cette femme est hors de son pouvoir. Vous-même jugez-en.

ALMAGHius, s'approchaiit de la salle de bains, regarde, et d'une rnix troublée.

Par tous les dieux, c'est elle !

Elle respire en paix cette vapeur mortelle.

122 (KUVRES POÉTIQUES

C'est elle, je la vois ; son air est inspiré, Et son corps vers le ciel paraît être attiré. Je n'en crois pas mes yeux.

s.vLOMK, .•'( pnri.

Il change de visage :

Il se trouble ! En douceur, grand Dieu, changez sa rage !

VLM.VCIHUS

Je ne sais où j'en suis. La pitié, la terreur, M'agitent tour à tour et luttent dans mon cœur.

CKCiLK, (le lu snlh'dc hain.

Ma voix du fond de cet abîme Monte vers vous. Seigneur tout-puissant et tout bon.

Ne leur imputez pas leur crime ; A votre indigne épouse accordez leur pardon.

O Christ, illuminez leurs âmes :

S'ils savaient ce qu'ils font, ils ne le feraient pas.

Embrasez leurs cœurs de vos flammes ; Pour adorer au ciel, qu'ils trembhmt ici-bas !

ALMACHIUS

Je me demande encor si je vis, si je rêve. Je l'entends bien pourtant! Cette voix qui s'élève. Implorant le pardon, respirant la douceur, Couiuic un glaive sacré pénètre dans mon ca.'ur.

Son accent retentit dans mon àmo étonnée : C'est pour moi qu'elle prie, et je l'ai condamnée !

Son regard s'attendrit, son aspect est plus doux. Faites parler vos pleurs, enfants, appi-ochez-vou?

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