MIDI
Dans le ciel enflammé, midi règne en vainqueur; Ses feux ardents ont bu les larmes de l'aurore. La brise tombe et meurt : au pâtre qui l'implore Aucun souffle en passant n'apporte la fraîcheur.
Les bêtes et les gens ont perdu leur vigueur. Presque réduite à rien, l'ombre décroît encore; L'implacable soleil la suit et la dévore ; Dans les veines du monde il verse la langueur.
La nature est muette. On dirait qu'elle plie Sous ce redoublement de chaleur et de vie : Le demi-jour sied mieux à notre infirmité.
Voilez votre splendeur, o divine lumière !
L'œil des seuls bienheureux peut vous porter entière
Dans le midi sans fin de leur éternité.