LA VEILLEE DES ENFANTS
Après la moisson, quand les jours Ont perdu leur beauté première, Quand le soleil hâtant son cours Fait que Ton dine à la lumière,
Les parents auprès d'un grand feu Se chauffent en sortant de table, Cependant que, d'humeur moins stable, Les enfants s'échauffent au jeu.
Leurs frais et purs éclats de rire Semblent illuminer la nuit.
Ils parlent, même sans rien dire :
Il n'est pas de plaisir sans bruit.
Tout à coup l'inconstante bande S'arrête en ses ébats joyeux.
Ils s'approchent : une demande Est écrite dans leurs grands yeux.
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Après lin niomeiit de silence, D'un air soumis et caressiint, Un futur orateur s'avance, Court à sa mère et l'embrassant :
« Maman, dehors la imit est noire; Je n'ai pas taquiné ma sœur.
Voulez-vous nous dire une histoire.
Une histoire qui fasse peur ? »
La mère eommence : on écoute, Près d'elle on se serre en tremblant.
Tremblent-ils pour de bon? J'en doute.
Que leur importe ? Ils font semblant.
Lu ju'ière succède au conte.
Il est huit heures : que c'est tard ! Allons, vite, que l'on remonte.
Enfants, c'est l'instant du départ.
Mais, pour arriver à leur chambre.
Il faut traverser sans y voir Le corridor, (irand Dieu ! le soir, Que c'est ell'rayant en septembre !
Ils avancent à petits pas,
Côte à cote, parlant tout bas.
Ils ont peur de réveiller l'ombre
D'un loup caché dans un coin sombre.
Plus de danger, voici le port.
L(' ht est prêt ; chacun se couche.
Et, le sourire sur la bouche.
D'un, sommeil i)rofond tout s'endort.