‹ Œuvres poétiquesChapitre 71 sur 140 · L'AÏEULE · texte numérisé non relu

L'AÏEULE

Enfants, parlez plus bas ; votre aïeule repose : Près de son grand fauteuil traînez votre escabeau. Approchez de son front votre bouche de rose : Les ans et les chagrins ont fait son front plus beau.

Bientôt de ses longs jours l'épreuve sera close : Dieu, lui montrant le terme, allège son fardeau. Son visage serein a déjà quelque chose De la paix qui l'attend au delà du tombeau.

Enfants, entourez-la d'amour et d'allégresse. Que vos rayons naissants éclairent sa vieillesse Et réchauffent son cœur au vôtre rallumé.

Ses bras qui vous portaient ont porté votre mère, Et, depuis plus longtemps hôtesse de la terre, L'aïeule a plus souffert, car elle a plus aimé.

Page 1