LA RECOLTE
Les blés mûrs sont couchés : la moisson opulente Dort sur les sillons nus aux pieds du laboureur. Essuyant de son front la sueur ruisselante, Il contemple, joyeux, le fruit de son labeur.
Les épis qu'à dessein laisse le moissonneur Font au pauvre qui glane une moisson touchante, Et le moineau gourmand qui maraude et qui chant Se nourrit à son tour des restes du glaneur.
Leur faucille à la main, assis sur Tor des gerbes, Le front paré d'épis, les villageois superbes S'avancent sur leur char en empereurs romains .
Aux derniers feux du jour leur voyage s'achève. Et de ces cœurs virils un chant d'amour s'élève Vers le Dieu paternel qui nourrit les humains.