‹ Œuvres poétiquesChapitre 80 sur 140 · LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE

Au dehors la nuit est sereine.

Tout repose, mais au dedans, Beethoven, les regards ardents, Ouvre sa poitrine et déchaîne Les orages dont elle est pleine.

Tandis que ton cor enchanté, O Weber, du sombre royaume Évoque un monde épouvanté, Haydn, le sublime bonhomme, Verse à flots la sérénité.

Enfin, près du rouet antique, Marguerite, le cœur troublé.

Et, dans sa faute, encor pudique.

Soupire, et du roi de Thulé Redit le chant mélancolique.

Ainsi, dans l'espace d'un jour.

Toutes les œuvres du génie Sous mon toit chantent tour à tour.

Et je rends grâce au Dieu d'amour De qui découle l'harmonie.

LECrrUES DU SOIR

Le soir, après le jour splendide, Quand la nuit a fermé les bois, On rentre, et le temps fuit rapide, Pendant qu'on lit à haute voix Quelque chef-d'œuvre d'autrefois.

Tantôt à notre àme Corneille Jette ses cris de vieux Romain ; Tantôt Racine à notre oreille, Avec sa grâce sans pareille, Dit les secrets du cœur liumain.

Prête à mourir, Iphigénie, Comme une lyre d'ionie Module ses touchants adieux.

Et, non moins plaintive, Junie, De César en appelle aux dieux !

Roxane et sa sœur Ilermione j

Rugissent comme la lionne j

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