LECTURES DU SOIR
Qu'une flèche a blessée au cœur ; Et Phèdre, en Fàme qui frissonne Fait passer sa sublime horreur.
Corneille prête à sa Pauline Des cris crime beauté divine (^ui nous ravissent jusqu'au ciel, Et Joad emprunte à Racine La majesté de l'Eternel.
Voici Molière et la satire ; Voici l'Avare et Trissotin, Et Célimène au froid sourire, Qui, sur ton cœur qu'elle déchire.
Pauvre Alceste, a posé sa main.
C'est aussi le bon La Fontaine Qui, sans égal en ses portraits, Donne aux bêtes qu'il met en scène Plus d'esprit, de sens et de traits Que lui-même n'en eut jamais.
Eternels maîtres, ù grands hommes !
Que j'aime à veiller avec vous.
Tandis que sous le ciel plus doux Les moissonneurs hâtent leurs sommes, Et que tout dort autour de nous !
t;orage
L'éclat du jour pâlit : uuc lourde vapeur
S'élève à l'horizon, et s'étend menaçante.
Tous les bruits ont cessé ; la plaine est dans l'attente ;
Sur sa face immobile on sent planer la peur.
Tout à coup l'air frémit. Une longue rumeur Sort des bois frissonnants : elle monte, elle augmente; Le firmament s'abaisse, il s'ouvre ; et la tourmente Sur le monde éperdu s'abat avec fureur.
Les vents portent la mort dans les champs qu'ils moissonueiil Les épis arrachés dans les airs tourbillonnent; La foudre éclate, tombe, et le ciel est en feu.
Le Seigneur fait parler la voix de son tonnerre. L'homme, à ce bruit sacré, s'épouvante, et la terre Ecoute avec stupeur et se tait devant Dieu.