VI NOTICE
conduit en France et confié aux soins d'une sœur de son père qui habitait le bas Languedoc. A neuf ans, on le mit avec ses autres frères au collège de Navarre, oii il se lia d'étroite amitié avec les Trudainc et M. de Pange. Déjà la Muse lui soufflait ses premières inspirations. Il écrivit à sei:{e ans une élégie pour « pleurer l'ingrate rigueur d'une infidèle ».
A vingt ans, André de Chénier, qui avait d'abord songé à s'engager dans la marine, entra comme sous-lieutenant dans le régiment d'Angoumois; mais la vie militaire convenait peu à ses goûts, il donna bientôt sa démission et revint à Paris. Pris d'une grande fièvre de travail, il passa ses •nuits à étudier les poètes de l'antiquité, et tomba gravement malade. Les frères Trudaine, pour hâter sa convalescence, l'emmenèrent avec eux dans un voyage en Suisse. Il accompagna ensuite le marquis de la Lu:(erne, nommé ambassadeur à Londres. « Si, dit M. Gabriel de Chénier, le jeune poète eut quelques agréables distractions, la société officielle des Anglais le glaçait ; la tristesse et la morgue britanniques lui étaient