TRADUCTION DE PLATON
Là reposait l'Amour, et sur sa joue en fleur D'une pomme brillante éclatait la couleur. Je vis, dès que j'entrai sous cet épais bocago. Son arc et son carquois suspendus au feuillage. Sur des monceaux de rose au calice embaumé
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il dormait. Un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrait mollement, et de jeunes abeilles Venaient cueillir le miel de ses lèvres vermeilles.
J'apprends, pour disputer un prix si glorieux,
Le bel art d'Érichthon, mortel prodigieux
Qui sur l'herbe glissante, en longs anneaux mobiles.
Jadis homme et serpent, traînait ses pieds agiles.
Elevé sur un axe, Erichthon le premier
Aux liens du timon attacha le coursier,
Et vainqueur, près des mers, sur les sables arides.
Fit voler à grand bruit les quadriges rapides.
Le Lapithe hardi dans ses jeux turbulents,
Le premier, des coursiers osa presser les flancs.
Sous lui, dans un long cercle achevant leur carrière,
Ils surent aux liens livrer leur tête altière.
Blanchir un frein d'écume, et, légers, bondissants,
Agiter, mesurer leurs pas retentissants.
Je sais, quand le midi leur fait désirer l'ombre, Entrer à pas muets sous le roc frais et sombre. D'où parmi le cresson et l'humide gravier La naïade se fraye un oblique sentier.
Là j'épie à loisir la nymphe blanche et nue Sur un banc de gazon mollement étendue,
Qui dort, et sur sa main, au murmure des eaux, Laisse tomber son front couronné de roseaux.
XXYIII PASIPHÉ
Tu gémis sur l'Ida, mourante, échevelée, 0 reine ! ô de Minos épouse désolée!
Heureuse si jamais, dans ses riches travaux, Cérès n'eût pour le joug élevé des troupeaux ! Certe, aux antres d'Amnise, assez votre Lucine Donnait de beaux neveux aux mères de Gortyne; Certes, vous élevez, aux gymnases crétois. D'autres jeunes troupeaux plus dignes de ton choix. Tu voles épier sous quelle yeuse obscure. Tranquille, il ruminait son antique pâture; Quel lit de fleurs reçut ses membres nonchalants; Quelle onde a ranimé l'albâtre de ses flancs. 0 nymphes, entourez, fermez, nymphes de Crète, De ces vallons, fermez, entourez la retraite. Oh! craignez que vers lui des vestiges épars Ne viennent à guider ses pas et ses regards. Insensée, à travers ronces, forêts, montagnes. Elle court. 0 fureur! dans les vertes campagnes, Une belle génisse à son superbe amant Adressait devant elle un doux mugissement. La perfide mourra. Jupiter la demande.
Elle-même à son front attache la guirlande.
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L'entraîne, et sur l'autel prenant le fer vengeur : « Sois belle maintenant, et plais à mon vainqueur ! » Elle frappe. Et sa haine, à la flamme lustrale, Kit de voir palpiter le cœur de sa rivale.