‹ Œuvres poétiques (volume 2)Chapitre 64 sur 69 · POEME EN SIX CHANTS · texte numérisé non relu

POEME EN SIX CHANTS

CHANT ï"'

JE dirai l'innocence en butte à l'imposture, Et le pouvoir inique, et la vieillesse imp ure, L'enfance auguste et sage, et Dieu, dans ses bienfaits, Qui daigne la choisir pour venger les forfaits. 0 fille du Très- Haut, organe du génie. Voix sublime et touchante, immortelle harmonie. Toi qui fais retentir les saints échos du ciel D'hymnes que vont chanter, près du trône éternel, Les jeunes séraphins aux ailes enflammées ; Toi qui vins sur la terre, aux vallons idumées

Répéter la tendresse et les transports si doux

De la belle d'Egypte et du royal époux;

Et qui, plus fière, aux bords où la Tamise gronde,

As, depuis, fait entendre et l'enfance du monde.

Et le chaos antique, et les anges pervers,

Et les vagues de feu roulant dans les enfers.

Et des premiers humains les chastes hyménées,

Et les douceurs d'Eden sitôt abandonnées.

Viens; coule sur ma bouche, et descends dans mon cœur.

Mets sur ma langue un peu de ce miel séducteur

Qu'en des vers tout trempés d'une amoureuse ivresse

Versait du sage roi la langue enchanteresse ;

Un peu de ces discours grands, profonds comme toi,

Paroles de délice ou paroles d'effroi

Aux lèvres de Milton incessamment écloses,

Grand aveugle dont l'âme a su voir tant de choses!

Le soleil avait fait plus de la moitié de 3on cours, et le

aune Joachim se préparait à sortir de Babylone. Tous les enfants de Jada, ses frères, l'attendaient, répandus sur les chemins, pour le combler de bénédictions. Il allait au golfe jPersique apprendre le sort d'un vaisseau chargé des trésors

'Ophir; non qu'avide d'entasser de nouvelles richesses;.. . mais il soulageait la captivité de ses frères. .., et ses vertug leur faisaient espérer que le ciel les ferait retourner dans eur patrie, au bord du Jourdain. La fille d'Helcias, la belle Suzanne, son épouse, ne peut s'arracher de ses bras.

Leurs adieux, leurs aimables discours. Il lui promet de revenir sous peu de jours. (Sans oublier de parler déjà de la fille du frère mort de Suzanne, qui la nommera sa sœur, enfant de dix ans qui doit faire un rôle charmant;

dans cet ouvrage.) Joachim part. Tous ses esclaves, tous s Hébreux lui souhaitent un heureux voyage et un prompt

retour. Ils le voient partir avec peine. Deux seulement s'en réjouissent : ce sont deux vieillards pervers et méchants, juges du peuple et hypocrites de vertu. Leurs anges, qui sont du nombre des anges que le Fils de Dieu précipita dans les enfers, lorsque... (imiter Milton), ont fait parvenir à Joachim de fausses alarmes, pour l'écarter et servir les desseins des impudiques vieillards. L'un est un tel, l'autre est un tel. La chaste et vertueuse beauté a allumé dans leurs cœurs une incestueuse flamme. Le bonheur d'un couple de gens de bien a produit sur eux l'effet qu'il produit toujours sur des méchants : l'envie et la rage de le troubler. Dès longtemps ils en cherchent les moyens. Jadis, à l'insu l'un de l'autre, ils enfantaient les mêmes projets. Depuis, les deux méchants se sont reconnus, et ils méditent ensemble leurs coupables desseins. Sous le voile de l'amitié, ils se sont insinués chez Joachim. Us le louent, il lui demandent ses conseils pour juger le peuple. Ainsi, chaque jour, ils repaissent leurs infâmes regards de la vue de sa belle épouse, dont l'âme, pure comme le ciel, leur savait gré de leur tendresse pour son époux. Elle les reçoit avec un sourire, et ne soupçonne pas que ses yeux puissent leur inspirer le crime.

Comparer Suzanne à cet animal couvert d'une fourrure blanche que les chasseurs poussent vers quelque marais fangeux.. . Alors il recule... et se laisse prendre et tuer plutôt que d'y entrer et de ternir sa robe blanche et pure.

et quand la nuit tranquille

Commençait de s'asseoir sur les tours de la ville, Tous les deux, se glissant par des chemins divers, I ctournent vers ce toit où leur âme est aux fers. Au seuil de Joachim ils arrivent ensemble, Se rencontrent. Chacun veut fuir, recule, tremble, Craint les regards de l'autre, inquiet, incertain, Confus de son silence. Et Manassès enfin :

« Mais, Séphar, je croyais qu'au sein de ta famille Tu pressais dans les bras et ta femme et ta fille. J'attendais peu qu'ici, pour ne te rien celer...

— Toi-même, dit Séphar, qui peut t'y rappeler? Joachim est absent, tu le sais... Dans ton âme, Peut-être pensais-tu que l'amour de sa femme

L'a déjà, malgré lui... — Non, non, dit Manassès, Pour un plus long séjour j'ai vu tous ses apprêts. Je venais... Sur ce seuil c'est lui qui me rappelle. Il se peut que déjà quelque esclave fidèle Soit venu. » Mais Séphar sourit et l'interrompt. Et d'un regard perçant, et secouant le front : « Ya, je sais quel projet t'amène et te tourmente; Joachim est absent, mais Suzanne est présente, Suzanne!... Manassès, tu Taimes, je le voi. Mais j'ai des yeux aussi, je l'aime comme toi.

— Oui, tu dis vrai, Séphar; oui, je l'aime. Et je doute Que pour toi contre moi... — Tiens, Manassès, écoute Nous régnons sur le peuple unis jusqu'aujourd'hui ; C'est parla, tu le sais, que nous régnons sur lui.

Tu me hais, je te hais. Si tu veux me détruire,

Tu le peux. Si je veux, je puis aussi te nuire.

Mais, ennemis secrets ou sincères amis, . ^ .

Toujours même intérêt nous force d'être unis.

Les attraits d'une femme ont fasciné ta vue :

A ses attraits aussi mon âme s'est émue.

Nous sommes vieux tous deux; mais quel œil peut la voir

Sans pétiller d'amour, de jeunesse, d'espoir?

Ne soyons point jaloux. Faut-il qu'un de nous pleure?

Pour qu'elle soit à l'un, faut-il que l'autre meure ?

Quand j'aurai de ma soif dans ses embrassements Rassasié les feux et les emportements, Envîrai-je qu'un autre, altéré de ma proie, Aille aussi dans ses bras chercher la môme joie? Va, tu peux sur sa bouche éteindre tes ardeurs ; J'y peux de mon amour épuiser les fureurs. Sans qu'elle ait rien perdu de sa beauté suprême. Nous la retrouverons tout entière !a même. Aidons-nous : ce trésor peut suffire à tous deux ; Elle possède assez pour faire deux heureux. »

Il dit : et sur les plis de leurs sombres visages Eclate un noir sourire. « Oui, Séphar, soyons sages, Dit Manassès. Aimons, ne soyons point amis; Et, pour tromper toujours, soyons toujours unis. Laissons à l'inquiète et vaine adolescence De ses amours jaloux l'enfantine imprudence. Viens; au sortir du temple où ces temps malheureux Attirent plus souvent les timides Hébreux, Nous irons concerter chez moi, dans le mystère, Les moyens de séduire et de nous satisfaire. »

Cependant on va au temple. Un jeune prophète éloquent, âgé de quatorze ans (Daniel) y explique la loi. Il s'est rendu déjà célèbre par sa liberté avec les rois et... Tout le peuple accourt... Suzanne avec toute sa maison et sa jeune sœur... Description de sa démarche et de sa contenance. Tout le peuple la respecte, l'admire en la regardant marcher, et ils se disent l'un à l'autre : « Certes, il n'y avait que Joachim qui méritât cette femme. Et sans cette femme, il n'y avait point d'épouse pour Joachim ; » et ils bénissent les cheveux blancs du bon Helcias, qui

pleure de joie en regardant sa fille. Le jeune prophète chante ainsi : « sur la captivité des Juifs..., description; et sur ce que l'iniquité des hypocritesa été cause... » (Imiter Milton et les livres juifs). Suzanne rentre chez elle... ; elle se couche..., et, dans l'absence de son mari, on dresse à côté d'elle un lit pour sa jeune sœur... Son sommeil est troublé... Description... Elle se réveille;... elle s'écrie: « Dieu! quelles agitations inquiètes! pourtant je suis sans remords. Le crime, si le crime existe, est étranger à mon cœur... » Son discours réveille sa jeune sœur qui dormait à côté d'elle... Description de son doux et aimable sommeil... Son discours touchant et enfantin... « Si elle est malade... » (en tutoyant comme dans tout l'ouvrage). Suzanne répond... Elle ne peut se rendormir...; elle appelle son esclave chérie, qui se nomme... Elle lui fait part de ses insomnies: elle veut descendre dans ses jardins.

Description délicieuse des jardins, la nuit... Les anges bienfaisants y voltigent : c'est l'air frais... Les mauvais anges, sous de vilaines formes, serpents, autres... Là, Suzanne se promène avec ses esclaves. Elles s'asseyent et chantent alternativement (imiter le Cantique des Cantiques). Au matin, elle se recouche. Là, on peut mettre l'ange de Suzanne et les autres bons anges chantant un court cantique à l'aurore. Celui de Suzanne va trouver celui de la jeune sœur; et, l'appelant mon frère... Ils auront entendu les deux mauvais anges des vieillards se féliciter de ce que Suzanne va souffrir; ils s'avancent vers le trône de Dieu pour lire dans sa volonté; mais ils le voient toujours jeter des yeux de bonté sur elle... — Les vieillards viennent le matin ; ils entrent sans être vus, en se glissant... Ils se promènent longtemps dans les jardins en rêvant à leurs projets, incertains, inquiets. Mais, disent-ils, elle sourit quand nous arrivons';... et puis, toutes les femmes sont séduites, pourvu qu'on les flatte... Ils passent là tout le jour...

Le soir, comme dans l'Ecriture. Elle vient se baigner... Elle renvoie une esclave... « Va, laisse-moi ici chanter à Dieu... » L'esclave obéit...

Et s'éloigne. — A loisir les infâmes vieillards

S'enivrent quelque temps d'impudiques regards.

Ils attendent qu'au ciel la belle vertueuse

Offre les doux transports de son âme pieuse ;

Qu'elle rêve à l'époux cher à son souvenir,

Que son esclave enfin n'ait plus à revenir :

Puis, comme deux serpents à l'haleine empestée,

Quittant les noirs détours d'une rive infectée.

Fondent sur un enfant qui dort au fond d'un bois,

Ainsi de leur retraite ils sortent à la fois,

Et sur elle avançant leur main vile et profane :

« Viens, sois à nous, ô belle, ô charmante Suzanne !

Viens, nul mortel ne sait qu'en ce lieu écarté

Nous avons... » A ce bruit, l'innocente beauté

Rougit, tremble, pâlit, se retourne, s'étonne,

Se courbe, au fond de l'eau se plonge, s'^environne,

Et mourante, ses bras contre son sein pressés,

Et ses yeux, et ses cris vers le ciel élancés : [rable !

«Dieu, grand Dieu! sauve-moi; grand Dieu I Dieu secou-

Couvre-moi d'un rempart, d'un voile impénétrable ;

Tonne, ouvre-moi la terre, ouvre-moi les enfers,

Cache-moi dans ton sein. Sur eux, sur ces pervers

Jette l'aveuglement, la nuit, la nuit subite

Dont tu frappas jadis une ville maudite.

Dieu ! grand Dieu ! ... » Les vieillards, inquiets, frémissants,

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Lui murmurent tout bas vingt discours menaçants.

Ils iront; des jardins ils ouvriront la porte;

Ils sauront appeler une nombreuse escorte ;

Ils diront qu'en ce lieu, conduits par des hasards,

Suzanne dans le crime a frappé leurs regards.

« Oui, crains notre vengeance; obéis, tais-toi, cède! »

Mais, sans les écouter : « Grand Dieu ! viens à mon aide

Dieu juste, anges du ciel, criait-elle toujours,

Joachimî Joachiml oh ! viens à mon secours ! »

Son esclave fidèle vole;... mais nu des vieillards avait déjà ouvert la porte, il était revenu, et tous deux... « Nous venions nous informer de Joachim ;... nous t'avons trouvée dans les bras d'un jeune homme... La loi!... 0 malheureux Joachim 1 » Ils partent... La belle accusée baisse la tête et ne verse point de larmes... Son esclave, anéantie, sans • voix, s'approche pour la soutenir... « Eh quoi ! veux-tu encore me rendre ce service à moi, malheureuse accusée, surprise dans le crime?... » Ici les larmes, les sanglots... « Non, non ! fille d'Helcias, dit l'esclave, non, tu n'es point coupable.. . » Elles marchent. . . La jeune sœur, qui les voit arriver, l'une laissant tomber quelques larmes, fautre noyée de pleurs, pleure aussi et s'informe... Suzanne se renferme... Son esclave lui lit, dans le volume sacré, Joseph vendu et devenu grand, Moïse sauvé des eaux, et d'autres exemples qu'elle écoute en silence, les yeux au ciel...

Mais les vieillards ont parlé au peuple... « Peuple, un grand malheur est arrivé!.. . La fille d'Helcias, l'épouse de Joachim, Suzanne est adultère !... Nous l'avons vue !... La loi I... » Le peuple, toujours crédule, dupe de leur fausse vertu, d'ailleurs toujours prompt à haïr ce qu'il est forcé

d'admirer, s'assemble en tamuUe devant la maison... Les vieillards arrivent ; les esclaves menacent; mais les vieillards disent qu'ils apportent des paroles de paix. Ils entrent et demandent à lui parler seuls. Sans répondre, elle fait signe à son esclave de la laisser. Ils commencent par la vile menace : « Ton supplice est prêt. Il dépend de toi... » Elle reste immobile, les yeux baissés, et sans rien dire... Le second reprend: « Tu seras la plus heureuse des femmes... » Elle ne dit rien et reste immobile... Il s'emporte... « Nous nous vengerons sur tout ce qui t'est cher. Joachim périra... » Elle tremble. « Oui, Joachim périra », s'écrient-ils tous deux ensemble. Alors elle lève la tête. Ses yeux se fixent au ciel elle se lève, et, muette, passe dans un autre appartement... Ils sortent... « Ma sœur, je vais mourir... Dis à Joachim.. . 0 Joachim!.. . » Helcias arrive tout couvert de cendre et de lambeaux... Il embrasse sa fille... Il vient d'apprendre... Mais il sait qu'elle ne saurait être coupable... « Je ne veux que me traîner jusqu'à la porte de tes persécuteurs ; je veux y mourir en les maudissant...

Que ma dernière voix leur soit amôre encore ; . .. Qu'ils entendent ma mort ;... que la prochaine aurore Présente mon cadavre à leurs yeux effrayés, Et qu'ils ne sortent point sans me fouler aux pieds... »

On vient la chercher... Elle marche au supplice..., la tête penchée sur son sein; pâle, mais tranquille comme finnocence. Ses esclaves, sa sœur, son père... Les vieillards lui lancent des regards de vile méchanceté satisfaite... Mais Joachim a trouvé ses richesses ; il revient avec des chameaux chargés de trésors... Les présents qu'ils destine à sa femme. . . Il arrive... Il voit une grande foule. .. Le premier qu'il interroge voudrait pouvoir lui taire : « Joachim ! une

épouse, une épouse adultère ! » Joachim l'éloigné. « Malheureuse, dit-il, sans doute, son époux ne l'aura pas aimée, ne lui aura pas été fidèle, comme Joachim à sa belle Suzanne... Peut-être un autre époux aurait eu en elle une autre Suzanne... » Il approche... Il voit la belle innocente;... il tombe à terre demi-mort, en s'écriant : « Ah ! malheureux!...» On l'emporte. Elle le suit des yeux en disant: « Toi, Joachim, aussi, lu méjuges coupable? — Non, dit sa jeune sœur, non, peuple; on vous abuse... Ce sont ces vieillards eux-mêmes qui ont voulu la séduire. » lis l'interrompent : « Peuple, nous vous l'avons déjà dit... nous sommes entrés dans la maison de Joachim... — Pour nous informer de lui, ajoute le second vieillard. — Nous avons trouvé son épouse avec un jeune homme, reprend le premier. — Dans ses bras, ajoute le second. — Il nous a échappé, malgré nos efforts, dit le premier. — Des vieillards, reprend le second, ne peuvent lutter contre un jeune homme, ni vouloir séduire une femme... Suzanne est adultère! et la loi que le Seigneur a donnée à Moïse sur l'ardent sommet du Sinaï... 0 Joachim ! tu méritais une autre épouse ! . . . « A ces mots, l'innocente condamnée tourna la tête vers les vieillards et les regarda. Ils voulurent fixer leurs yeux sur elle; mais ils ne le purent. Ils détournèrent la tête l'un vers l'autre, de peur que le regard divin de cette chaste accusée n'arrachât leur âme de ses ténèbres, et ne la forçât à paraître sur leur visage... Le peuple environnait la jeune sœur... Les uns auraient voulu douter;... les autres admiraient le b'on naturel de cette enfant ;... d'autres, de la basse populace, disaient que c'est signe qu'elle a un penchant à suivre l'exemple de Suzanne ;... les autres s'indignaient qu'un si beau visage cachât un cœur vicieux...

Mais les hommes se plaindraient si le crime opprimait

appela l'ange tout de feu qui anime les prophètes. « Va, lu i dit-il, trouver le jeune Daniel, et révèle-lui la vérité. Qu'il parle et qu'il punisse. » Le jeune Daniel, mêlé dans la foule du peuple, s'était levé sur ses pieds pour voir la condamnée. « Non, s'était-il dit à lui-même, cette physionomie n'est point celle d'une femme coupable... » Il s'élait élancé hors de la loule en criant: « Peuple, je suis innocent du meurtre que vous allez commettre. » Tout à coup l'esprit divin descendit sur lui, éclaira ses yeux, le fit lire dans les âmes, à travers le voile de chair et d'os qui les couvre. Il vit avqc ravissement l'état de pureté de l'âme de Suzanne. Il frémit en voyant celle des vieillards, noire d'imposture et de vices, semblable au lac Asphaltite. « Arrêtez, arrêtez ! s'écrie-t-il, insensés que vous êtes!... vous êtes dupes de scélérats !.. . Suzanne est innocente ! — Suzanne est innocente ! cria le peuple avec transport. Vive le jeune prophète qui venge la vertu opprimée!... » Ils s'assemblent... « Enfant, prophète de Dieu, dit le peuple, interroge-les toi-même... » 11 se lève... c; Qu'on les sépare... Eh bien! toi... race méchante et maudite, dis-nous sous quel arbre?,.. — Sous un chêne... — Sous un chêne! Va! fuis! ton mensonge exécrable demeure suspendu sur ta tête coupable. Voilà comment vous jugiez le peuple ! Qu'on fasse entrer l'autre. — Eh bien ! scélérat ! disnous sous quel arbre?... — Jeune enfant, quel es-tu ? que veux-tu? quel droit as-tu d'interroger les vieillards?... — Parle, parle, imposteur. Ce n'est point moi qui t'interroge; c'est tout le peuple ; c'est Dieu qui tient le glaive tout pi et..- Tremble, ton heure vient. Réponds, dis sous quel ombrage!... — Réponds, s'écrie le peuple... » Il se déconcerte un instant ; mais il se relève, essaye au calme son front dur et pervers. Il rassure sa voix, il commence, il s'arrête: « Un sycomore épais... — Vengeance sur ta tête, vil imposteur ! voilà comment vous jugiez le peuple!... La beautî vous séduisait !... »

On les lapide, et le pei.pleen triomphe ramène à Joachim son épouse, qui, donnant la main à sa jeune sœur, l'aborde avec un sourire.

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