‹ Œuvres poétiquesChapitre 112 sur 121 · A BYZANCE · texte numérisé non relu

A BYZANCE

Byzance, mon berceau, jamais tes janissaires Du musulman paisible ont-ils forcé le seuil? Vont-ils jusqu'en son lit, nocturnes émissaires, Porter l'épouvante et le deuil?

Son harem ne connaît, invisible retraite, Le choix, ni les projets, ni le nom des vizirs. Là, sûr du lendemain, il repose sa tête Sans craindre, au sein de ses plaisirs,

Que cent nouvelles lois qu'une nuit a fait naître, De juges assassins un tribunal pervers.

Lancent sur son réveil, avec le nom de traître, La mort, la ruine ou les fers.

Tes moeurs et ton Coran sur ton sultan farouche Veillent, le glaive nu, s'il croyait tout pouvoir, S'il osait tout braver, et dérober sa bouche Au frein de l'antique devoir.

26o HYMNES

Voilà donc une digue où la toute-puissance Voit briser le torrent de ses vastes progrès ! Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ! Tu planes sur ses minarets !

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