‹ Œuvres poétiquesChapitre 38 sur 121 · L'AMOUR ENDORMI · texte numérisé non relu

L'AMOUR ENDORMI

Là reposait l'Amour, et sur sa joue en fleur D'une pomme brillante éclatait la couleur. Je vis, dès que j'entrai sous cet épais bocage, Son arc et son carquois suspendus au feuillage. Sur des monceaux de rose au calice embaumé Il dormait. Un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrait mollement, et de jeunes abeilles Venaient cueillir le miel de ses lèvres vermeilles.

« Virginité chérie! ô compagne innocente! Où vas-tu ' Je te perds ; ah ! tu fuis loin de moi ! — Oui, je pars loin de toi; pour jamais je m'absent; Adieu. C'est pour jamais. Je ne suis plus à toi. »

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