‹ Œuvres poétiquesChapitre 42 sur 121 · LE SATYRE ET LA FLUTE · texte numérisé non relu

LE SATYRE ET LA FLUTE

Toi ! de Mopsus ami! Non loin de Béréc)fnte

Certain satjre un jour trouva la flûte sainte

Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux

Le cortège énervé de la mère des dieux.

Il appelle aussitôt, des fanges du Méandre,

Les nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ;

Que tout l'art d'Hyagnis n'était que dans ce bui ;

Qu'il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui.

On s'assied. Le voilà qui se travaille et sue.

Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touff"ue,

Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin

Le bois résonne et pousse un cri rauque et chagrin.

L'auditoire étonné se lève, non sans rire.

Les éloges railleurs fondent sur le satyre

Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois,

Evite comme il peui ies dents et les abois.

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