LE SATYRE ET LA FLUTE
Toi ! de Mopsus ami! Non loin de Béréc)fnte
Certain satjre un jour trouva la flûte sainte
Dont Hyagnis calmait ou rendait furieux
Le cortège énervé de la mère des dieux.
Il appelle aussitôt, des fanges du Méandre,
Les nymphes de l'Asie, et leur dit de l'entendre ;
Que tout l'art d'Hyagnis n'était que dans ce bui ;
Qu'il a, grâce au destin, des doigts tout comme lui.
On s'assied. Le voilà qui se travaille et sue.
Souffle, agite ses doigts, tord sa lèvre touff"ue,
Enfle sa joue épaisse, et fait tant qu'à la fin
Le bois résonne et pousse un cri rauque et chagrin.
L'auditoire étonné se lève, non sans rire.
Les éloges railleurs fondent sur le satyre
Qui pleure, et des chiens même, en fuyant vers le bois,
Evite comme il peui ies dents et les abois.