‹ Œuvres poétiquesChapitre 44 sur 121 · VÎT · texte numérisé non relu

VÎT

L'impur et fier époux que la chèvre désire

Baisse le front, se dresse et cherche le satyre.

Le satyre, averti de cette inimitié,

Affermit sur le sol la corne de son pied ;

Et leurs obliques fronts, lancés tous deux ensemble.

Se choquent; l'air frémit, le bois s'agite et tremble.

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines, Assise au fond d'un antre aux nymphes consacré, D'acanthe et d'aubépine et de lierre entouré. L'Amour, qui l'écoutait caché dans le feuillage, Sortit, la salua sirène du bocage Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés D'hyacinthe et de myrte en couronne tressés : « Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille. Autant que le cytise à la mielleuse abeille. »

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