STANCES DE SYLVANDRE
EN BUTTE AUX SOUPÇONS & A LA COLÈRE DE DIANE Pour son mal les pleurs sont trop peu de chose
IJourquoy pleurer ce desastre ennuyeux,
* Si tous les pleurs qu'ensemble tous les yeux
Peuvent jetter, ne sçauroient y suffire ?
Ceux qui verront quelles sont nos douleurs
S'estonneront que pour un tel martyre
Nous recourions à l'ayde de nos pleurs.
S'il est permis quelquefois de pleurer, C'est quand on peut sa douleur mesurer Ou que les pleurs esgallent nostre peine; Mais quand le mal parvient jusqu'à ce poinct Qu'il est plus grand que toute peine humaine, A quoy les pleurs, qui ne soulagent point ?
Que désormais les pleurs soient loin de nous ! De ce malheur trop mortels sont les coups Pour se guérir d'un si foible remède.
Mais perdons-nous d'un généreux transport, Puis qu'en effect le mal qui nous possède Ne peut finir, si ce n'est par la mort 1