‹ Œuvres poétiques choisies et précédées d'une introductionChapitre 53 sur 89 · Cf. l'Amie de Court (v. 247, p · texte numérisé non relu

Cf. l'Amie de Court (v. 247, p

Divers amants viennent ung chascun jour,

En quelque endroict que je face séjour... Elle vient d'ailleurs de dire qu'elle sait se gouverner et gouverner ses amants :

Je me sens Royne ou quelque Impératrice,

Ayant sur touts commandement et loy,

Faveur, puissance, et nul ne l'a sur moy. Voira la note du v. 602 une autre déclaration encore plus significative. Ch. Fontaine réplique vivement (Contr' Amye, ^p. l'y) :

S'il t'en souvient aussi tu as dit mesme

Et sur cela disent que l'espérance

Des obstinés n'est pas en leur puissance, 35 Que bien souvent plus ilz sont repoulsés,

Et moins se sont de poursuivre lassés,

Quant à l'amy, que son contentement

N'empire point, de scavoir le tourment

D'ung moins aymé, lequel rend sa victoire 1 Plus glorieuse, et son faict moins notoire. A telle excuse il fault que je responde '

Et les raisons des legieres confonde.

Pauvres amants, icy je vous appelle,

Ou le secret des dames je revelle.

^5 Si vous voiez celle qui vous commande

Tenir propos (bien qu'elle se deffende)

A aultre amy, si luy souvent revient,

Et qu'en tel jeu madame l'entretient.

Ne la croyez, quand elle en parlera; io Pour ung fascheux, qu'elle l'appellera.

Ne pensez pas la place moins prenable,

Luy moins aymé, ny vous plus aggreable. [14]

234. obstinez è — 235. repoulsez b — 236. lassez TB, pa-îsez b — 237. de son M4 M s M 8 — 238. savoir b — 239. D'un b — 240. fait b — 242. ligeres b — 243. Paouvres B, Povres O ; amans b — 245. voyez p 2 — 247. autre b — 248. tel lieu (/ de lieu est brouillé et parait être une bavureT) TBM — 249. quant b — 252. agréable b.

Que tu te vas contentant de toy mesme. Régnant sur toy, de toy garde et tutrice. Et que te sens royne ou impératrice.

Quel besoing donc as tu de t'appuyer Sur tant d'amys pour te desennuyer ?

Ou pour te faire enrichir et valoir.

Par faulx semblant leur monstrer bon vouloir? I. Cf. Y Amie de Court (v. 671, p. 28) :

A tout cela il fault que je responde.

On trouve souvent le même ton de plaidoyer dans La Borderie et dans Héroet.

Hèroet. 2

l8 LA PARFAICTE AMYE

Quand le voirrez de travail tourmenté,

Et de refus d'elle mal contenté, 255 Asseurez vous par sa persévérance,

Qu'il en a heu pour le moins espérance ' ;

Laquelle oster une amye est tenue.

Je dys devant qu'elle soit advenue ;

Car comme on doibt entre amants estimer 260 Beaulté de femme estre indigne d'aymer,

S'elle ne scait attirer et surprendre

Celluy qu'elle a voulante de sien rendre.

Ainsi n'est pas celle digne de vivre

Qui d'ung fascheux désire estre délivre, 265 Si par façons à esloigner propices,

D'ung importun n'évite les services ^.

Si elle dict qu'à plusieurs deviser

Et faire chère est pour myeulx desguiser

Son amytié, qu'elle veult asseurer, 270 Et la couvrant, plus la faire durer,

Respondez luy qu'elle aymoit en paincture,

253. verrez O a b, veoirez P — 254. reffus b; contante b — 256. eu b

— 257. estre tenue B; les v. 257-288 manquent dans b : chaque f. contenant 16 vers, c'est un f. entier qui a disparu. — 258. dy TB — 259. amans D* — 261. sçaytD» — 264. désir c'estre M*Mî — 265. façons D^

— 268. A (corr. Et) a; mieulx D * — 271. ayme en poincture a.

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