‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 107 sur 161 · FEUX · texte numérisé non relu

FEUX

Et Satan lui-même décernera le prix à son élève.

( Moment de silence. ) l'abbé lwowicz.

Frères, peut-être ce prisonnier vit-il encore; Dieu seul le sait et Dieu le fera connaître un jour. Moi, son serviteur, je prierai. Joignez vos prières aux miennes pour le repos des martyrs. Savons-nous si le même sort ne nous attend pas demain ?

ADOLPHE

Priez donc aussi pour l'âme de Xavier'»'; vous savez qu'il s'est brûlé la cervelle au moment d'être saisi.

213 LES AIeUX.

FREIEND.

C'était fort à propos ! Il partageait avec nous les banquets joyeux; puis^ quand il a fallu partager la misère^ il a déserté dans l'autre monde.

l'abbé LWOWICZ.

Cependant il conviendrait de s'en souvenir aussi dans nos prières.

lANKOWSKl'*».

Prier! Sais-tu bien quêta fol me fait rire! Quand même je deviendrais Tatar ou musulman^ voleur^ espion^ assassin , Prussien , Autrichien , employé du tzar, je braverais encore le châtiment céleste. Wasllewskl n'est plus; nous sommes Ici, et les tzars régnent toujours.

FREIEND.

C'est ce que j'allais dire ! tu as commis le péché pour mol, c'est bien fait. Mais laisse-mol respirer; car à cet affreux récit je sens que ma raison s'égare , que mes larmes s'arrêtent. Félix , tâche donc de nous consoler un peu. 0 toi ! si l'envie t'en prenait , tu ferais rire le grand diable dans les enfers !

QUELQUES DETENUS

Oui, oui, Félix, parle, chante, dlvertls-nous. — La parole est à Félix. Frelend, verse-lui du vin.

JEGOTA

Un moment, s'il vous plaît. Je suis aussi un orateur de dlétlne ! Quoique arrivé le dernier, je ne veux pas rester bouche close. Joseph nous a parlé de grains ; un paysan doit répliquer de sa place et discourir à fond sur de pareilles matières. Puisque le tzar veut emporter dans son tzarat et enfouir toutes les semences de notre jardin , le blé deviendra cher; mais ne craignons point la famine : M. Antoine a déjà traité quelque part de ce genre d'économie rurale.

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