‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 113 sur 161 · VOIX DU DÉMON · texte numérisé non relu

VOIX DU DÉMON

Le Tzar !

( Konrad cbaneelle on instant, 8*évanoait et tombe. )

SGËNE m.

ESPRrrS DU CÔTÉ GAUCHE. — KONRAD, évanoot.

PREMIER DÉMON

Il est à nous ! qu'on le foule aux pieds!

AUTRE DÉMON

Il souffle encore.

PREMIER DÉMON

Évanoui ! malade ! Avant qu'il ne s'éveille, qu'on l'achève !

l'ange gardien.

Arrière !... on prie pour lui *.

* Ce vers est expliqué par la prière de deux enfants, Eve et Mareellnft (Voyez scène V, p. 242.)

LB6i MARTTBS. 239

AUTRE DÉMON

Tu le Tois, on nous chasse !

PREMIER DÉMON

Stupide bête ! tu Tas empêché de Tomir son dernier blasphème ! II fallait le monter d'un seul degré dans son orgueil ! un atome d'orgueil de plus^ et ce crâne était à nous! Êtr^ à deux doigts d'un si beau crâne et ne pouvoir le briser aux pieds! voir le sang dans sa bouche et ne pouvoir l'aspirer ! ô le plus imbécile des démons de l'enfer ! tu l'as lâché à mi-chemin; tu m'as ravi ma proie !

AUTRE DÉMON

Patience, laisse faire, il reviendra à nous.

PREMIER DÉMON

Va-f en au diable ! ou je f enfourche avec mes cornes, te porte mille années durant, et puis t'écrase dans la gueule même de Lucifer.

AUTRE DÉMON

Ha , ha ! tu me rudoies , ma tante ! maman ! moi, ton enfant ! Je vais pleurer ; hélas ! ( u pleare. ) Tiens ! . . . C n le frappe de ses cornes. ) Eh bien!... t'ai-je manqué?... Roule, et puisses-tu n'en jamais guérir !... Ha, ha ! tu roules jusqu'au fond ! Bravo ! bravo , mes cornes !

PREMIER DÉMON

SacredU * !

AUTRE DÉMON, frappant tov^oors.

Tiens , tiens ! Attrape .

PREMIER DÉMON

Vidons le camp.

(On entend le brait d'une clef dans la serrare. )

* L'aatear mêle au dialogue. des esprits infernaux des mots espagnols, allemands, laUns et français; fidèle en cela aux superstitions populaires, qui faisaient toujours du démon un intrigant étranger, un sorcier de la fMtrle de Faust ou de Nostradamus. Nous aurons soin de conserver toates ces interjections polyglottes en les imprimant en italiques.

230 LES aïeux.

AUTRE DÉVON.

Un moine! un barbon ! Dissimulons-nous et rentrons nos cornes.

Page 1