‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 114 sur 161 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PIERRE frère bemardlo. — LE caporal. — un détenu*'*

LE PRÊTRE

Au nom du Père ^ du Fils et du Saint-Esprit.

LE DÉTENU

Il a perdu connaissance... Konrad!... Il n'entend rien.

LE PRÊTRE

Paix à cette demeure ! paix au coupable !

LE DÉTENU

Juste ciel! voyez!... 11 tremble , il s'agite; c'est le haut

mal !... 11 mord ses lèvres écumantes...

( Le prêtre s'agenouille et prie. ) LE CAPORAL ^ aa détenu.

Allez^ mon maître ^ et laissez-nous seuls.

LE DÉTENU

Mais, de par le ciel, cessez de marmotter des prières inutiles ; ramassons-le vite et mettons-le dans son lit, l'abbé.

LE PRÂTRE.

Laissez-le , vous dis-je.

LE DÉTENU

Voilà son coussin, (il couche Konrad.) Oh! je sais, moi^ ce que cela signifie. Il lui prend parfois de pareils accès ; il chante longtemps , puis il divague , et le lendemain il se porte comme vous et moi... Mais qui vous a dit qu'il s'était évanoui ?

LE CAPORAL

Vous feriez bien mieux de vous taire, mon cher monsieur. Laissez le prêtre se mettre en oraison pour votre camarade ; car je sais, moi, qu'il s'est passéici quelque chosede...

LES MABTYBS. 231

bien étrange. Quand la ronde eut fini sa tournée^ j'ai entendu du bruit dans cette chambre ; j'ai regardé à travers le trou de la serrure : et ce que j'ai vu... cela ne regarde que moi. J'ai couru chercher Pierre, mon confrère spirituel^ le connaissant pour un homme dévot... Mais voyez donc ce qui se passe avec le malade ! Il va mal, il va bien mal !

LE DÉTENU

Vraiment, je n'y comprends rien , c'est à devenir fou !

LE CAPORAL

Fou?... Oh! mes maîtres! tenez-vous bien sur vos gardes !... Bouche éloquente , tête bien meublée , tout, vous avez tout!... Et voyez! cette tête savante se vautre dans la fange; et de ses lèvres mielleuses, découle une blanche écume... J'ai entendu ses chants, je n'en ai point compris les paroles; mais il y avait quelque chose dans ses yeux, sur son front!... Croyez-moi, cet homme va mal, bien mal. J'ai servi dans les léeions polonaises avant qu'on ne m'eût fait conscrit russe ; j'ai pris d'assaut des forteresses , des couvents, des redoutes : j'ai vu plus d'âmes se mettre en voyage que vous n'avez lu de bouquins durant votre vie... et ce n'est pas peu de chose que de voir comment l'on meurt. J'ai vu égorçer des prêtres au faubourg de Praga "fi, j'en ai vu jeter vii^ants du haut des clochers en Espagne; j'ai vu le sein des mères déchiré par le glaive , et les enfants se débattre sur les piques des Kosaks; j'ai vu des Français dans la neige et des Turks sur le pal : et partant je sais ce que l'on voit dans les yeux des martyrs agonisants, ou dans ceux des larrons, des assassins, des Turks ou des Moskovites. J'ai vu fusiller des hommes qui regardaient sans broncher dans le canon du fusil , ou qui ne voulaient point de bandeau sur leurs yeux ; mais, lorsqu'ils tombaient à la renverse, j'ai vu sur leur visage transpirer l'épouvante, réprimée durant la vie par la honte et l'orgueil, et qui rampait comme un serpent autour de leur cadavre : épouvante plus atroce

232 LES AÎBIJX.

que celle des fuyards du champ de bataille ^ et si terrible quMl suffit de jeter un regard sur le front du cadavre^ pour voir que son âme irritée a dû fuir avec la douleur et l'effroi des étemels supplices. Ainsi^ mon maître^ je crois que la figure d'un mort est comme ses états de service pour l'autre monde; on peut lire dans ses traits comment il sera reçu 9 dans quel rang et dans quelle dignité ^ s'il sera saint ou damné. Par conséquent la figure et les yeux, la chanson et la défaillance de cet homme ne me plaisent pas du tout Ainsi chacun de son côté; vous, dans votre chambre : et nous Pierre et moi, nous lui servirons de garde-malades.

(Le détenu s^étoigne») KOKRAD , revenant à lui.

Abîme!... mille ans!... C'est bien!.,, plus encore! j'en subirais seul des milliers de milliers... Faut-il prier ?... non ! la prière ici n'est plus d'aucun usage. 11 existait donc un tel abîme sans fond et sans limite !... Oui... et je l'ignorais!

LE CAPORAL

Entendez-vous comme il sanglote ?

LE PRÊTRE

Mon fils!... te voilà sur un cœur qui f aime. ( Au caporal ). Éloignez-vous , et veillez bien à la porte afin que personne ne m'interrompe tant que je serai près de lui. C Le caporal sort).

&ONRAD, se redressant.

Non !... il ne m'a point arraché les yeux. Je l'ai toujours ce regard tout-puissant! D'ici même, je vois, à travers ces abîmes obscurs... je te vois, RoUison I... Frère en douleur ! toi aussi, prisonnier! Expirant sous les coups, tu baignes dans ton sang ! réprouvé par Dieu comme moi, tu fuis dans le désespoir ! tu cherches un couteau... tu essaies de briser ta tète contre les murs... — « Au secours!... » — Ah! Dieu ne veut pas, et moi, je ne puis f en donner !... Mais j'ai un œil qui peut beaucoup ; je te regarderai : je pourrai te tuer peutrètre !... Non !... mais de l'œil je te montrerai

LES MABTYRS. 233

le chemin de la mort. Yois^ làrbas il y a une fenêtre ; brisela^ saute et casse-toi le crâne : et viens tomber ici, avec moi, dans les ténèbres... dans Tabime... Tombons! tombons ensemble !... Cet abîme vaut mieux que la vallée terrestre ; ici, il n'est point de frères, de mères, de nations, de tyrans... Viens à moi !... à moi!... viens à moi!...

LE PRÊTRE

Esprit impur, je te reconnais à ton venin ! Te voilà donc encore ici , le plus rusé d'entre les démons ; reptile immonde, encore cette fois tu femparais d'un édifice abandonné!... Cest pour ton malheur que tu es entré dans sa bouche ; au nom du Seigneur, je f ai saisi, je f ai muselé... Exorcisa,..

LE DÉMON

Arrête! n'exorcise pas !... Attends, écarte-toi un peu de l'entrée; je sortirai!

LE PRÊTRE

Tu ne sortiras que lorsqu'il plaira à Dieu. Le Seigneur, lion de la tribu de Juda, triomphe dans ces lieux ; tu as dressé contre lui tes embûches, et te voilà pris dans tes propres filets... Dieu t'a ressaisi dans le corps de ce pécheur. Je veux finfliger jusque dans sa bouche le châtiment le plus cruel. Imposteur ! dis-moi la vérité.

LE DÉMON, contrefaisant plusiears voix.

Parle-moi donc français, mon pauvre capucin, J'ai pu dans le grand monde oublier mon latin; MaUSt étant saint, tu dois avoir le don des langues ;

— Vielleicht sprenchen sie deutsch, was murmeln sic so hang ^ ?

— What isit? — Cabalieros, rispondero io.

LE PRÊTRE

C'est toi, vipère aux cent dards, qui siffles par sa bouche !

* P«at-étrt parlez- vous allemaDd?Qae murmarez-vous si piteasemeni? ( Ces vers, oa le sait, appartiennent à l'auteur. )

234 LES JLIEVX.

LE BÉMON.

Cest juste; dans ce jeu nous sommes de moitié : H est savant , et moi diabie de mon métier. J'étais son précepteur, et je m*en glorifie^ En sais-tu plus que nous ? Parle /. , . je t'en défie.

LE PRÊTRE

Au nom du Père, du Fils et du...

LE DÉMON

Un moment, un moment^ s'il vous plait^ monsieur Tabbé; c'en est assez comme cela... Mais^ mon cher abbé, ne m'opprime donc pas davantage I... Es*tude la confrérie de S|itan pour me tourmenter ainsi ?

LE PRÊTRE

Qui es-tu ?

LE DÉMOK.

Je me nomme Lucrèce, Léviathan, Voltaire, alter Fritz*, LegU) mm.

LE PRÊTRE

Qu'as-tu vu ?

Un animal.

Où?

A Rome.

LE PRÊTRE

H ne m'écoute pas; revenons à la prière. ( il prie. )

LE DÉMON

Mais si, je t'écoute.

Où as-tu vu ce prisonnier ** ?

LE DÉMON

Je te le dis, à Rome.

* Frédéric II, roi de PruMê.

** Rollison.

LE DÉMON

LE PRÊTRE

LE DÉMON

LES MÀRTYBS. 235

LE PRÊTRE

Tu mens!

LE DÉMON

Prêtre ! sur mon honneur^ sur celui de ma belle ^ de ma brune ^ qui soupire après moi comme je soupire après elle. Ah!... et sais* tu comment s'appelle mon amante?... Orgueil... Que tu es donc peu curieux !

LE PRéTRE^ à i>art.

Les esprits nous résistent; humilions-nous devant le Seigneur et faisons un acte de contrition. ( l\ prie ).

LE DÉM0!f.

Mais à quoi bon tout cela? je sortirai sans qu'on m'en prie ! J'ayoue m'ètre insinué maladroitement dans cette âme. Elle me démange^ ici!... cette âme est comme une outre de porc-épic prise à l'envers, les pointes en dedans, contre la peau de l'estomac... (Le prêtre prie.) Mais c'est que tu es un maître en ton espèce , quoique simple capucin... les boucs devraient t'élire pape au premier conclave. La bêtise est debout à l'entrée du temple , comme un pilier, et toi, l'on te cache dans un coin, toi, étoile de première grandeur !

Flatteur et tyran, orgueilleux et vil, pour me mordre à la poitrine, tu rampes à mes pieds!

LE DÉMON , riant aax éclats.

Ah ! ah ! ah ! tu te fâches I ta prière est coupée en deux. Da capo / si tu voyais comme tu remues drôlement la patte ! on dirait d'un jeune ours qui se défend des abeilles... Il va toujours son train! Eh bien tant pis; c'est assez discuter : je reconnais ta supériorité, et je veux me confesser à toi.*. Je te dirai la bonne aventure... Et sais-tu bien ce que l'on dit de toi par toute la ville?... (Le prêtre prie.) Et sais-tu ce que deviendra la Pologne dans deux siècles?... Et sais-tu pourquoi le supérieur te porte si peu d'affection?... Et sais-tu ce que signifie la bête de l'Apocalypse ?. . . Il se tait et va toujours.

236 LBS AÏBUX.

Assez!... il me mange des yeux^ que j'en ai peur... Mais dis donc^ petit abbé^ cesse de m'obséder plus longtemps; quefai-je fait pour être ainsi fustigé? Suis-je le roi des démons^ moi?... Je suis simple et bon diable. Ck)nsidèi2e un peu ; est-il équitable de châtier le serriteur pour le maître? Ne yiens-je pas ici par ordre de monseigneur Satan? Il est bien difficile de s'en délivrer^ car on n'est pas avec lui bras dessus^ bras dessous ! Je suis comme un kreishauptmann^ un landrath^ un gouverneur de province ""... On me dit d'empoigner une âme ^ j'empoigne^ je la mets à l'ombre; il peut bien lui arriver ^ dans le fait , quelque désagrément ^ mais il n'y a pas de ma faute : je suis un instrument aveugle^ un fonctionnaire ^ une chose. Le coquin de tyran publie un oukase; il signe : Ainsi soit-ir"^ ! Gomme si j'avais quelque plaisir à faire damner les autres ! . . . Hélas ! je me damne bien assez moi-même... Oh ^ oh !... (n soupire. ) Ah^ ah! Que la sensibilité fait mal!... Oh! mon cœur se brise!... Crois-moi^ bien souvent^ lorsque de mes ongles j'écorche un pécheur^ j'essuie avec ma queue les larmes qui tombent de mes paupières!... (Le prêtre oonUnae de prier.) Et sais-tu que demain tu seras battu comme plâtre?

In nomine Patris et Filii et Spiritus sanctiy amen. Ego te exorcisa, spiritus immunde...

LE DÉMON

Abbé^ un instant!... J'écoute... je parle,.. Arrête donc... une seconde!

LE PBÉTRE.

Où est l'infortuné captif qui veut perdre son âme?... Tu te tais ! . .. Exorciso»..

* Capitaine de cercle, conseiller de province, goavemear; trois dignités : aatrichienne, prassienneet moskovite.

** Byt-po-siemu, formole invariable tracée de la main même da tzar sous les oukases administratifs ou Judiciaires. Voyez la note 10-

LE DÉMOir.

LE PRÊTRE

LE DÉMON

LE PRÊTRE

LE DÉMON

Je parle, je réponds... Il le faut bien.

LE PRÊTRE

Qui as-tu vu "^ Un captif.

De quelle sorte ?

Un pécheur.

Où?

LE DÉMON

Là ! dans Tautre couvent.

Dans lequel?

LE DÉMON

Oui, l'autre, celui de... Dominique. Ce pécheur, déjà réprouvé, m'appartient de droit.

LE PRÊTRE

Tu mens !

LE DÉMON

11 est déjà mort.

LE PRÊTRE

Tu mens !

LE DÉMON

il est malade et dort.

LE PRÊTRE

Exorcisa...

LE DÉMON

Je réponds comme il faut , je parle, je danse, je chante... mais cesse tes conjurations!... Comment veux-tu que je parle?... tu m'étouffes... Oirf!... j'éternue... je souffle à peine.

238 LES aïeux.

LE PRÊTRE

Dis la vérité.

LE IHUIOM.

Le pécheur est alité ; il court comme un possédé : et demain il se rompra le cou^ infailliblement.

LE PRÊTRE

Tu mens!

LE DÉMON

Je mens! Je prends à témoin mon honorable collègue Belzébuth !... Demande-lui tout ce que tu voudras^ tourmente-le si tel est ton bon plaisir; mais ne fais plus damner mon âme innocente !

LE PRÊTRE

Comment fautril secourir le pécheur?

f LE DÉMON.

Puisses-tu crever^ cuistre d'église ! Tu ne Le sauras pas.

LE PRÊTRE

Exorcisa...

LE DÉMON

Il faut le secourir par... Tamour...

LE PRÊTRE

C'est bien; parle clairement... Que iui-faut-il?

LE DÉMON

Je suis enroué... Je ne saurai jamais...

LE PRÊTRE

Parle !

LE DÉMON

Monseigneur! mon roi! laisse-moi me reposer...

Dis, que lui faut-il?

LE DÉMON

Cher et doux petit prêtre, je ne puis l'expectorer.

LE PRÊTRE

Parle!

LEâ MARTYBS. 239

LE DÉMON

Hé^ hé !./. du pain^ da yiti. ..

LE PHÉTItE.

Je comprends ; c'est ta chair et ton sang^ à toi^ Sauveur du monde! J'irai... Que je puisse accomplir tes saintes volontés! (au démoD.) Et maintenant^ emporte avec toi tes colères et tes erreurs; venu de l'abîme, va par le même chemin, cours te replonger dans l'abîme. (Le dénon dUparait.)

KONRAD

Tu me retiens sur la pente !... Qui es-tu?... Prends garde à toi! L'abîme attire... Tu me tends la main... Volons... Je fends les airs comme un oiseau... Je répands des parfums comme une fleur... J'exhale des rayons comme une étoile... Qui m'a tendu cette main?... Des hommes compatissants ou des anges?... D'où tenez-vous cette pitié, de venir me chercher dans les profondeurs, ô mes semblables?... J'ai méprisé les hommes, j'ai méconnu les anges!

LE PKÊTRE.

Prions ! car la main du Seigneur t'a rudement touché ! Ces lèvres qui ont offensé la majesté divine, le mauvais esprit les a souillées de paroles immondes, paroles de folie , la plus horrible torture poujr une bouche réputée sage... Puissent-elles avoir expié une partie de ta faute! puisses-tu les avoir oubliées toi-même!

KONAAD.

Elles sont d^à. gravées... làt...

LE PRÊTRE

Puisses-tu, pécheur, ne jamais les déchiffrer toi-même ! Puisse jamais Dieu ne te demander leur signification!... Prosterne-toi!... Gomme une reine coupable et déchue de son trône, après avoir passé le temps de l'expiation debout, sous le vestibule du temple , la cendre au front et le cilice à l'épaule, reprend enfin sa majesté première et revêt la pourpre royale , ainsi ta pensée, couverte de paroles impu-

240 LB8 AlBUX.

res^ reprendra après cette épreuve un plus radieux éclat... 11 s'endort... (S*ageiioiiiliaDt.) Ta miséricorde^ ô Seigneur, est sans bornes! (lise proctenie.) Seigneur! moi^ ton vieux serviteur^ moi^ pécheur endurci > déjà je me sens hors de service et ne suis plus utile à rien. Celui-ci est jeune; fais- le ^ quand je mourrai, Tapôtre de ta foi : et moi ^ j'accepte les châtiments qu'il a mérités. Il peut encore se co^ riger; il répandra la gloire de ton nom... Le Seigneur est miséricordieux 9 le Seigneur acceptera l'offrande... Prions!...

(Dans FégUse latérale, A travers une paroi, on entend oommenoer rbymne de la Nativité. Aa-deMos da prêtre agenouillé, on chœur angélique entonne le cantique : L*Ange dit aux pasteurs, )

CHCBUR DES ANGES >*7. (Yoix enfantines.) Paix à cette demeure et repos au coupable ! Serviteur, serviteur humble et patient^ tu as porté la paix dans la maison de l'orgueil !

PREMIER ARCHANGE. (Surfalr: Dieu est notre rejkge,)

Seigneur^ il a péché ^ il t'a beaucoup offensé.

SECOND ARCHANGE

Mais tes anges prient pour lui ^ pleurent pour lui.

PREMIER ARCHANGE

Foule aux pieds ^ brise ceux qui méprisent tes divins jugements!

SECOND ARCHANGE

Mais pardonne à ceux qui n'ont pas compris tes jugements divins!

UN ANGE

Lorsque je volais rapide ^ avec l'étoile de l'espérance, sur le ciel de la Judée ^ les anges chantaient l'hymne de la Nar tivité; et les sages ne nous ont pasvus^ les rois ne nousoat pas entendus ! Des bergers nous aperçurent et s'en furent à Bethléem ; les premiers ils saluèrent la sagesse étemelle et l'éternelle puissance : eux, les pauvres, les petits, les simples^

LES MABTYBS. 241

PREMIER ARCHANGE

Quand le Seigneur eut aperçu Toi^eil et la ruse dans le coeur des anges ^ il ne voulut point faire grâce aux esprits de lumière^ aux éternels génies. Gomme une pluie d'étoiles ^ les anges des deux tombèrent par milliers; et tous les jours tombent avec eux les esprits des sages de la terre.

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