‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 13 sur 161 · LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE

Demande à tous les gens du village, et tous te répondront : 4c Autrefois la jeune Marie vivait dans cette chaumière, et maintenant elle repose dans ce tombeau. Ce sentier à droite, foulé par les pieds du pâtre, ce fut le chemin de sa mbve allant au hameau; et par ici, à gauche, son amie en revenait. » Mais voiei briller l'aurore; elles viennent prier sur le tombeau. Cache-toi sous cette ramée, toi-même tu entendras leurs plaintes, toi-même tu verras leur misère. Regarde à droite... voici venir l'amant; voilà la mère sortant du har

* Voyez les Aîeux^ quatrième partie.

BOHANCERO. 7

meau : plus loin^ à gauche, c'est l'amie. Tous viennent lentement, portant des fleurs , et pleurant.

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Marie l jusqu'à celte heure ^corè nousne f avons pas vue, nous ne tf avons pas embrassée! Marie, Marie! le soleil se lève et ton ami f attend; veux-tu dormir toute la matinée? ou bien ai-j^ mérité ta colère? Ah ! ma chère Marie, où te caehes-tu jusqu'à pfésent?NoB, tu ne dors pas! non, tu n'es pas irritée contre moi! Morte, morte! Oroon Dieu! ensevelie sous ce tertre, tu ne verras plus ton amant ! et mesyeux ne te Terront plus ! Autrefois, quand j'allais reposer, je me consolais en peifôant qu'à mon réveil je reverrais Marie; et alors mon sommeil était doux. Maintenant, je veux dormir ici, loin des hommes; peutrètre la reverrai-je en songe ! En fermant les paupières, puissé-je les fermer à jamais ! J'étais heureux, j'aimais l'ordre et le travail, les voisins faisaient mon éloge, j'étais l'orgueil de mon père aux cheveux blancs; maintenant, mon père lutte avec la vieillesse qui l'accable : et moi, je n'appartiens plus à Dieu ni aux hommes ! Que le grain périsse dans le champ, que le foin s'échauffe dans la meule; que le voisin s'empare des gerbes, que le loup 4^^^^^ le troupeau : Marie est morte ! Marie est morte !

Mon père me donne sa <^aumière> il m'otîte un mobilier, il veut que je m'établisse; des tuteurs m'ont proposé un riche parti : Marie est morte ! Marte est odorte !

Les tuteurs ont mal réussi; je ne puis! non, je ne puis ! Père, je sais ce que je ferai! J'irai loin, bien loin , vous ne pourrez plus me retrouver, quand même vous me chercheriez par tout le monde ; je m'enrôlerai chez les Russes, afin qu'ils me tuent tout d'abord : Marie est morte !

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