‹ Œuvres poétiques complètesChapitre 130 sur 161 · MADAME R0LL1S0N · texte numérisé non relu

MADAME R0LL1S0N

Gomment! n'étaiirce pas la voix de mon enfant? La bre. bis ne peut-elle pas reconnaître la voix de son agneau tout au milieu des bêlements d'un troupeau? Ah ! mon bon monsieur, si vous entendiez un cri pareil , vous ne pourriez plus de votre vie vous endormir sans terreur!...

LE SÉNATEUR

Votre lils, madame^ doit se porter à merveille,' puisqu'il a crié si fort.

MADAME ROLUSON^ tombaot à geDOOX.

si vous avez un cœur d'homme... ( La porte da salon 8'oQvre avec fracas. On entend la mnsiqoe. Une demoiseUe accourt en toUeUede

bal).

LA DEMOISELLE

Monsieur le sénateur.,. Oh! je vous interromps! On va chanter le chœur de Don Juan et puis le concerto de Herz.,.

Herz * ! chœur ! nous nous occupions aussi de cœurs !

Vous venez a propos, vous, belle comme un cœur, Moment sentimental ! Il pleut ici àes cœurs! ( A Balkoff ).

Si le grand-duc Michel avait entendu ce calembour, ma

foi, depuis longtemps je serais assis dans le conseil d'État.

( A la jeune demoiselle ). Je suis à vous dans un moment,

MADAME ROLLISON.

Seigneur, ne nous quittez pas ainsi ! Désespérée , je m'attache à vos pas. ( Elle le saisit par Phabit ).

LA DEMOISELLE

Faites-lui donc grâce !

LE SÉNATEUR

Diable m'emporte s\ }e sais ce que veut cette mégère!

MADAME ROLLISON.

Je veux voir mon fils !

LE SÉNATEUR, en appuyant sur ces mots.

L'empereur le défend.

LE PRÊTRE

Qu'un confesseur au moins...

MADAME ROLLISON.

Qu'il puisse voir un prêtre! mon fils demande un prê- * Herz signiûe cœur en allemand.

LES MARTYB6. 273

tre... Peut-être il expire déjà! Si les pleurs d'une mère ne peuvent t'émouvoir^ crains Dieu ! torture le corps ^ mais ne perds pas Tâme immortelle !

LE SÉNATEUR

C'est drôle! Qui donc colporte toutes ces balivernes par la ville? Qui vous a dit que votre fils demandait un prêtre?

MADAME ROIXISON.

Cet honnête abbé me Ta dit ( désignant le prêtre ) ; il sollicite depuis tant de semaines ! mais on ne veut pas l'introduire pour un seul instant. Demandez-le-lui plutôt; il dira... LE SÉNATEUR^ avee nn regard pénétrant. "

11 le sait donc, lui?... Honnête abbé!... Soit, j'y consens.;. L'Empereur est équitable ; il ne refuse point les prêtres ; au contraire, il les délègue lui-même afin de moraliser la jeunesse. Personne n'estime, n'aime plus que moi la religion... (iisoopire.) Hélas! c'est le défaut de morale qui perd la jeunesse!... Eh bien! mesdames, je vous salue. MADAME ROLUSON, à la jeune personne.

Ah! mademoiselle! intercédez pour moi, par les plaies de Notre-Seigneur !... Mon fils est si jeune!... Depuis un an il est au pain et à l'eau, dans un cachot obscur et glacé , sans vêtement, exposé à l'humidité !

LA DEMOISELLE

Est-il possible !

LE SÉNATEUR, embarrassé.

Gomment ! que dites-vous ? il y est depuis un an ? Gomment donc! imaginez'vousy je n'en savais rien! (A Pélican). Écoutez; il faut examiner tout d'abord cette affaire : et, si cela est vrai, donner un savon au commissaire. (A madame Roilison.) Soyez tranqtdlle, revenez ici à sept heures.

MADAME KMITA.

Ne pleurez pas ainsi ! M. le sénateur n'était pas informé du traitement que l'on fait subir à votre fils, et à présent

274 LES AIBOX.

qu'il le connaît, peut-être ordonneratril qu'on le mette en liberté.

MADAME ROLLISON , avec Joie.

Il ne le savait pas? il ordonnerait... Oh! que Dieu le lui rende!... Je le disais toujours aux autres mères : « Il ne peut pas être aussi cruel qu'on le dit; c'est une créature de Dieu, c'est un homme : une femme Ta nourri de son lait... » On riait; et pourtant, vous le voyez, j'ai dit la vérité. (AaséDateur. ) Yous n'en étiez pas informé?... Les scélérats! ils ne vous disent rien! Voyez-vous, seigneur, vous êtes entouré d'une bande de malfaiteurs! Ne les en croyez pas! c'est nous qu'il faut interroger; nous dirons tout, toute la vérité.

LE SÉNATEUR, en riant.

Cest bon ; nous en reparlerons une autre lois. Aujourd'hui je n'ai pas le temps ; (utieu. Dites à la princesse que je ferai pour elle tout ce qui sera en mon pouvoir. ( Avec courtoisie. ) ^dieu, madame Kmit y adieu, on fera ce qu'on pourra. ( An prêtre Pierre. ) Vous, l'abbé , demeurez ; jai deux mots à vous dire. (A la demoiselle.) Ty vais dans un moment ( Tons sortent^ excepté les personnes indiquées au oommencement de la soàBe.) LE SÉNATEUR, après une panse, à ses domestiques.

A vous autres, scélérats, faquins, vils marauds! Vous êtes à la porte, et me laissez entrer de telles gens! Je vous ferai écorcher, bélîtres ! Je vous apprendrai à servir conmie il faut, pendards! (A Ton des laquais). Écoute, toi; cours après cette mégère... ( A Pélican). Non, j'aime autant vous la confier. Dès qu'elle aura quitté la princesse, permettez-lu^ de voir son fils, et conduisez-la, où vous savez, en prison ; et puis enfermez-les séparément... comme cela, à quatre clefs... Cen est trop! Ah! coqtdnsl je vous apprendrai le service ! ( Il se Jette sur un fauteuil. )

UN LAQUAIS, tout tremblant.

Monsieur a ordonné de faire entrer..

LE SÉNATEUR, avec emportement.

Quoi? qu'est-ce?... Oses-tu me parler ainsi!... C'est en Pologne que tu as appris à répondre à ton maître!... Halte là! je t'apprendrai!... Qu'on le mène chez le commissaire de police; cent coups de bâton et quatre semaines au pain et à l'eau.

PÉUCAN.

Que Son Excellence monsieur le sénateur daigne considérer que, malgré le mystère observé et la vigilance des gardes, des personnes malveillantes répandent le bruit du châtiment corporel infligé à ce RoUison ; et peut-être trouveront-elle le moyen de noircir aux yeux de l'Empereur la' pureté de vos intentions, si l'on n'en finit pas brusquement avec cette enquête.

LE MÉDECIN

C'est ce que j'allais dire à Votre Excellence. Depuis quelque temps, ce RoUison bat la campagne ; il veut se suicider, il se jette aux fenêtres... mais aux fenêtres grillées...

PÉLICAN

Il a mal aux poumons ; l'air vicié ne lui vaut rien : je lui ferai donc immédiatement ouvrir les fenêtres. 11 demeure au troisième ; il pourra prendre l'air..

LE SÉNATEUR, distrait.

M'affubler de cette vieille femme, tandis que je prends mon café! On ne me laisse pas un instant...

LE MÉDECIN

Quand je disais à Votre Excellence qu'elle devrait prendre plus de soin de sa santé! Après dîner! C'est ce que j'ai toujours dit : il faut remettre de pareilles affaires à un autre moment. Ca mine la santé,

LE SÉNATEUR, avec calme.

Oh! mon docteur^ avant tout. Tordre et le service! Et puis cela stimule , au contraire , un estomac délabré ; ça

remue la bile ^X fait faire la digestion. Après dîner, je voudrais voir donner la question.

Quand le devoir Tordoime, en prenant son café. C'est bien l'heure où Ton peut voir un auto-da-fé.

PÉLICAN, en repoussant le médecin.

Que décidez-vous à l'égard de ce Rollison? S'il meurt dès aujourd'hui, alors...

LE SÉNATEUR

Il faut le faire enterrer. Et je permets, si vous voulez, de le faire embaumer... A propos d'embaumement, maître Baïkoff, un peu de baume ne t'irait pas mal, puisque tu te maries, ayant le teint si cadavéreux... Savez-vous bien qu'il

est fiancé !... ( La porte à gauche 8*entr*ouvre , un laquais entre; le sénateur en montrant la porte ) à cette demoiselle blanche et rose que voilà? Fi donc! un jeune futur, avec un teint si délabré, ne devrait faire ses noces , comme Tibère, que dans l'ile de Caprée. Je ne conçois vraiment pas comment ils ont pu contraindre la demoiselle à laisser tomber le oui fatal de sa jolie bouche.

BAÏKOFF.

Contraindre! Parions qu'en moins d'un an nous sommes divorcés; et puis, tous les ans, j'épouserai femme jolie, sans user de contrainte : il me suffira de jeter un coup d'oeil sur telle ou telle autre. 11 est beau, pour une fille de gentillâtre , de devenir la femme d'un général î Demandez à l'abbé si cela fait pleurer les jeunes filles à l'autel.

LE SÉNATEUR, au prêtre.

^ propos, approche dooc, mon noir chérubin.

Voyez quelle figure. On m'a Voir iVun poète ; Mais quel âne eut jamais fm regard aussi bête!

Il faut l'émoustiller. Prends ce verre de rhum.

LE PRÊTRE

Je ne bois jamais.

LE SÉNATEUR

Bois toujours, ministre des autels!

LE PRÊTRE

Je suis un frère indigne.

LE SÉNATEUR. '

Frère ou neveu , qui donc vous a permis de savoir ce que font en prison les enfants des autres? Est-ce vous qui avez porté à la mère Rollison des nouvelles de son fils?

LE PRÊTRE

Moi.

LE SÉNATEUR, au secrétaire.

Écrivez cet aveu, et voici les témoins. (Au prêtre.) Et d'où les teniez-vous, hein?.. Rusé matois! il s'est aperçu que l'on écrivait, et il ne dit plus rien... De quel ordre êtes-vous?

LE PRÊTRE

Du couvent de Saint-Bernard.

LE SÉNATEUR

Et sans doute vous avez des cousins dans celui de Saint- Dominique? car c'est là que demeurait ce Rollison... Parle donc! d'où le sais-tu? qui te l'a dit? Parle!... Je te l'ordonne!... Cesse de marmotter tout bas! Au nom de l'Empereur, parle! Entends-tu , moine! moine!... As-tu jamais ouï parler du knout moskovite ? ( a son secrétaire. ) Écrivez qu'il persiste à se taire. (Au prêtre.) Tu es un desservant des autels; tu n'es pas sans savoir un peu de théologie... Écoute donc , théologien ! Tu sais que tout pouvoir vient de Dieu ; lorsque le pouvoir ordonne de parler, se taire est un péché mortel. ( Le prêtre se tait. ) Et sais-tu bien , moine , que je pourrais te faire pendre ? et nous verrions si le supérieur saurait te ressusciter !

LE PRÊTRE

Si quelqu'un subit le pouvoir, ne dis pas qu'il le reconnaît légitime; Dieu remet quelquefois le pouvoir aux mains de Satan.

LE SENATEUR

Si je te fais pendre ^ et si le tzar apprend que toutes les formalités n'ont pas été observées^ sais-tu ce qu'il dira? a MaiS; sénateur^ tous avez le diable au corps! d Et toi, moine , une fois pendu ^ il te sera difficile de te dépendre... Viens donc plus près ; je te somme pour la dernière fois: qui t'a dit ce qui s'était passé en prison ?... Hein?... Réponds... Ce n'est sans doute pas le Père étemel... Mais qui alors ?... Eh bien!... Dieu?... le diable?... Voyons.

LE PRÊTRE

Tu ras dit.

LE SÉNATEUR ^ indigné.

Tu !... Me tutoyer ! toi, toi !... un moine !

LE MÉDECIN

Ha! vilain butor! On dit à monseigneur : « Votre Excellence. » (A Pélican.) Donnez-lui donc uneleçon de politesse... Ce moine est sorti d'une étable ! ( Faisant le geste ). Gomme cela! PÉLICAN^ donnant le soufflet au prêtre.

Tu le vois, animal, monsieur le sénateur est irrité!

LE PRÊTRE

Seigneur! pardonne-lui. Seigneur! il ignore ce qu'il a fait!. . ( Au médecin ). Ah ! frère ! tu t'es achevé par ce mauvais conseil ! Aujourd'hui tu paraîtras devant Dieu !

LE SÉNATEUR

Qu'est-ce que cela veut dire?

BAÏKOFF.

11 fait le drôle; qu'on lui flanque encore un soufflet, et qu'il nous dise la bonne aventure, (fl lui donne une chiquenaude.)

LE PRÊTRE, à Bailiofr.

Frère, tu as suivi son exemple; tes jours sont comptés, tu suivras sa trace.

LE SÉNATEUR

Holà! qu'on envoie chercher Botwinkoî Que ce mendiant

ne sorte pas d'ici ! Je le questionnerai moi-même ; nous rirons un peu : nous verrons s'il se taira toujours aussi obstinément. Quelqu'un lui aura soufflé son rôle.

LE MÉDECIN

J'allais vous exposer humblement que c'est une chose montée d'avance , et que tous ces complots sont dirigés^ c'est évident, par le prince Czartoryski.

LE SÉNATEUR , en bondissant sur ^n faateail .

Que me dites-vous là, mon cher /... Par le prince? Impossible,.. Au fait, (à part) qui sait!... Bah! dix ans de perquisitions avant que le prince ne se justifie, si je l'entortille , moi ! ( Au médecin ). D'où le sais-tu !

LE MÉDECIN

Depuis longtemps je m'occupe activement de cette affaire.

LE SÉNATEUR

Et monsieur ne m'en a pas parlé?

LE MÉDECIN

Votre Excellence ne voulait pas m'entendre... Je disais que quelqu'un avait fomenté cet incendie...

LE SÉNATEUR

Quelqu'un! toujours quelqu'un!... Mais il s'agit du prince !

LE MÉDECIN

J'ai des traces positives, des dénonciations, des paroles épiées, des lettres interceptées...

LE SÉNATEUR

Les lettres du prince?

LE MÉDECIN

Non, mais des lettres où le prince est nommé , de même que plusieurs professeurs , avec l'exposition de toutes leurs vues criminelles. L'âme du complot, c'est Lelevel ^^i. C'est lui qui dirige sourdement les conjurés.

LE SÉNATEUR , à part.

Une preuve !... Si j'avais une preuve! une suspicion quel-

conque! la trace d'une preuve I Tombre d'une trace! rien que l'ombre d'une ombre!... Bien des fois déjà j'ai entendu murmurer autour de moi : « C'est au prince Czartoryski que Novosiltzoff doit sa rapide carrière. » Nous verrons maintenant ce qui fera le plus de bruit^ de mon élévation ou de la chute de mon rival. (Aa médecin). Venez, que je vousemhrctsse /... Ah , ah ! c'est différent... J'ai deviné tout d'abord que ce n'était point une conjuration d'écoliers ; il me semblait bien que c'était un tour de prince.

LE BfÉDEClNy familièrement Et vous aviez deviné ce complot? Bien fin celui qui vous mettra dedans.

LE SÉNATEUR , avec dignité.

Quoique je sache tout cela, monsieur le conseiller intime, si vous êtes parvenu à découvrir des preuves, écoutez, \t vous en donne ma parole de sénateur, d'abord j'augmenterai de moitié vos émoluments, et puis je vous compterai cette accusation pour dix années de service. Plus tard peut-être une starostie, des biens ecclésiastiques, une décoration... Qui sait! Notre Empereur récompense avec largesse; je l'en prierai moi-même... j'en fais mon souci.

LE MÉDECm.

Que de soins aussi cela m'a coûté ! Je payais des espions sur mes modiques appointements ; et tout cela par dévouement pour l'Empereur !

LE SÉNATEUR , en le prenant soos le bras.

Mon cher, allez tout de suite, et prenez mon secrétaire ; réunissez et faites mettre sous scellés tous ces papiers. Ce soir nous nous amuserons à les parcourir. (A part). J'ai travaillé, j'ai conduit toute l'information, et ce monsieur aurait toute la gloire et les bénéfices de cette découverte! ( II rêve. — Prenant à part le secrétaire ). Vous ferez saisir le docteur en même temps que les papiers.( A Baikoff, qai entre). C'est une affaire importante; nous nous en occuperons en

tète-à-tète. Le médecin a laissé échapper une parole grave ; je Tai interrogé^ et l'instruction nous dira le reste. ( Pélican , voyant les attentions du sénateor, reoendnit le médecin à la porte et le salue Jusqu'à terre. )

LE MÉDECIN y à part.

Il me coudoyait tantôt... Prends garde ^ Pélican! je te pousserai aussi, et tu ne te relayeras pas de ta chute! (Au sénateur. ) Je reviens à l'instant.

LE SÉNATEUR y négligemment,

A huit )ieures je quitte la ville.

LE MÉDECIN

Qu'est-ce donc? minuit à ma montre !

LE SÉNATEUR

Il est cinq heures.

LE MÉDECIN

Quoi! cinq heures déjà!... En croirai-je mes yeux! L'aiguille de ma montre s'est arrêtée sur le chiure môme de minuit, et la pointe semble vouloir l'éborgner ! Elle n'a pas bougé d'une seule seconde, d'un cheveu !

LE PRÊTRE

Frère, le temps aussi s'est arrêté pour toi, et jusqu'à l'autre midi restera immobile... Frère, pense à ton âme!

LE MÉDECIN

Que me veux-tu?

PÉLICAN

Il te murmure quelque sombre prophétie... Voyez quel éclat dans ses yeux ! un vrai regard de Sarmate *.

Frère, Dieu emploie des signes étranges pour nous avertir.

PÉLiCAN.

Ce frère m'a bien l'air d'un faux frère.

* Hérodote fait dériver le nom des Sarmates des deux mots grecs aaOpo et 5(t|jLa, dont la réunion ferait croire que les Sarmates d'autrefois avaient des yeux de crocodile.

282 LBS A1BU3[.

(La porte de gaache s*entr*oavre ; an essaim de dames parées fait irraption sur la scène : des foncUonoaires, des danseurs. Mnsiqne.)

LA FEMME DU GOUTERlfEUR ^^^.

Peut-on?

' l'épouse do conseiller '^9.

U9i\s(^ est indigne!

LA femme du général.

Ah! mon cher sénateur!

Ou envoie, on attend!

l'épouse du CONSEILLER.

Vraiment^ c'est un maiheur!

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