LE COLONEL
Sont-ils jacobins , ces bélîtres !
UNE DAME f au sénateur^ Vestris n'en ferait pas autant.
LE CONSEILLER^ avec colère.
Quel chaos d'emplois et et de titres!
LA DAME 9 à part Puisse't'il crever à {'instant /
LE CÔTÉ GAUCHE^ CB cbœor.
Ah î que de beautés ! quelle'grdee î Combien de maris à tromper.
LE CÔTÉ DRorr y en chœur.
Puisses-tu périr et ta race !
Puisse la foudre vous frapper !
LB SÉNATEUR^ dansant , à la femme da gouverneur. Je veux voir de près lestaroste...
De ma femme on le dit jaloux.
LE GOUVERNEUR^ poursuivant le sénateur.
Personne aisément ne l'accoste; Je m'en charge : comptez sur nous.
(Il s'approche du staroste.)
Et votre épouse? et votre fille?
LE STAROSTE
Les femmes gardent la maison.
LA FEMME DU GOUVERNEUR
Quoi! seul de toute la famille?
LE STAROSTE
Seul.
LA FEMME DU GOUVERNEUR
Et pourquoi?
LE STAROSTE
J'ai ma raison.
LE GOUVERNEUR, en montrant Novosiltzoff.
Il ne connaît donc pas madame?
LE STAROSTE
Je n'ai pris femme que pour moi.
LA FEMME DU GOUVERNEUR
Votre fille est bien , sur mon âme î
LE STAROSTE
C'est trop de bonté , sur ma f6i.
LE GOm'ERNEUR.
Au menuet il manque un couple...
Elles le danse , est-il pas vrai ?
LE STAROSTE
Ma fille n'est pas assez souple; Moi-même je l'assouplirai.
LA FEMME DtJ GOUVERNEUR.
Nous rirons, chanterons ensemble...
On fait l'éloge de sa voix.
LE STAROSTE
Monseâgneor invite , il me semble , Beaucoup de dames à la fois !
LE CÔTÉ GAUCHE^ en chœur.
Quel coup d'œil ! Je suis en extase ! Quels accords î quel bal ravissant !
LE CÔTÉ DROIT 9 60 chOBOr.
Gorgez-vous de rhum à plein vase ; Demain , vous boirez notre sang.
LE CONSEILLER^ montrant le sénateur.
11 les écorche , ces Sarmates ; Mais il les fête , c'est égal.
LE STAROSTE
Nos enfants sont aux casemates Plus heureux que nous à ce bal < ^< .
UN OFFICIER RUSSE^ à Bestoajeff'^^ Si tous les Slaves nous maudissent, S'ils lèvent tous des bras vengeurs , C'est que tout un siècle ils subissent Les plus vils de nos égorgeurs.
UN ÉTUDIANT, à ToÛider.
Vois comme Baïkoff fait la roue î Quel air obscène et quels propos !
Comme un reptile sur la boue , Il saute, joyeux et dispos ; Il montre les dents, il plaisante :
Baïkoff est ivre , et sans façon II va chanter... Silence ! Il chante !
(A Baïkoff).
Hiim général , qtulqve chanson !
BAÏKOFF, sur l'air de Béranger* « Quel honneur ! quel bonheur !
Ah î monsieur le sénateur, Je suis voire humble serviteur , » etc., etc.
les mabtybs. 287
l'Étudiant.
Général, ce sont vos paroles?
( Balkoff fait an signe aCQrmatif. ) Je vous en fais mon compliment
UN DES OFFICIERS^ en rianL Ces couplets sont vraiment fort drôles!
Quel ton satirique et plaisant !