LES STEPPES D'AKERMAN
Me voici embarqué sur un océan de verdure ; le cbar plonge dans les herbes et vogue comme une nacelle sur les vagues bruyantes de la savane , au milieu d'un déluge de fleurs et des buissons purpurins du cornouiller.
Le soir tombe déjà; nulle part on ne voit ni chemin ni colline pour Tindiquer ^7 : je regarde le ciel et je cherche les étoiles, guides du nautonier. Est-ce un nuage qui brille à rhorizon ? est-ce une aurore qui se lève? C'est le Dniester qui reflète dans son sein le flambeau levant d'Akerman.
Halte! — Quel silence!... J'entends les grues cinglant au loin dans les airs, où les yeux de l'épervier ne sauraient les atteindre ; je sais où le papillon se balance sur la cime des fleurs :
Je sais où la couleuvre glisse sur les herbes inclinées. Le silence est si profond, mon oreille tellement attentive, que j'entendrais une voix delà Lithuanie... — Enavant! — Personne ne me rappelle !
154 POESIES DIVEBSES.