LA TRAVERSÉE
L'Océan se réveille, les monstres marins se multiplient autour du navire, le matelot s'élance à l'échelle. Mousse, à la voile l — Le mousse a grimpé ; les mains étendues, il s'est enfermé dans un invisible tissu , comme l'araignée épiant le signal de son filet.
Le vent! le vent! — Le vaisseau se cabre, il mord le
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frein*, il se couche, il ploflge dans la vague écumante, il dresse un cou superbe, abandonne les ondes et vole au travers des cieux. Du front, il fouette les nuages; des ailes, il captive les vents ^8.
Et mon génie fend l'espace d'un vol tout aussi rapide; mon imagination monte et grandit comme ces voiles gonflées : je mêle une clameur involontaire au cri de joie de réquipage.
J^étends les bras, je tombe sur le sein du vaisseau; il me semble que ma poitrine lui imprime une vitesse nouvelle, je vole rapide, léger, joyeux : j'ai des ailes d'oiseau **.