LA TEMPÊTE
Les voiles sont en pièces , le gouvernail se brise , les vagues mugissent, les vents grondent ***. On enlend les clameurs de la foule effrayée, le sourd gémissement des pompes. Présages funestes! les câbles rompus s'échappent des mains des matelots, le soleil se couche sanglant, avec lui la dernière espérance.
Le vent rugit avec triomphe; et voyez ! sur les montagnes liquides qui s'élèvent par étages du fond de la mer, le génie de la mort apparaît et marche droit au vaisseau, comme le soldat qui monte à la brèche.
Les uns se jettent sur le tillac à demi morts, d'autres se tordent les mains; celui-ci tombe dans les bras de ses amis en leur disant adieu, celui-là veut mourir en priant, ou conjurer la mort par ses prières.
Un voyageur se tient à l'écart sans rien dire; seulement
♦ On lève Pancre.
** Littéralement : Je sais ce que c'est qu*éire oiseau.
** * L*onoma(opée de oo premier vers est intraduisible.
156 POÉSIES BIYBBSBS.
il rêve : bienheureux celui qui perd connaissance qui sait encore prier ou qui trouve à qui faire ses adieux!