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Là je suis allé. L'hiver y siège. Là j'ai vu les becs des torrents et les gosiers des fleuves buvant à longs traits de sa coupe de glace ; je respirais^ et la neige tombait par flocons de mes lèvres. J'avançais toujours;
Là les aigles ne trouvent plus leur chemin^ les escadrons des nuages s'arrêtent : je dépassais la foudre dormant dans son berceau nébuleux^ jusqu'au point où l'étoile seule brillait au-dessus de mon turban.
C'est le Tchatirdah7>.
LE PÈLERIN
Allah !
SONNBTS BB KRIlfiB. 157
XXVU.
BAQTCHËSâRAJ.
« A la même heure parurent les doigts d'une main «Tbomme , en face du candélabre, écrivant sur la cloison du palais royal; et le roi (Balthasar) rit la partie de la maln^qut écrivait, etc. >•
Prophétie de Dahiel, v.tf, m, 98, v, m.
Grande encore^ mais déjà déserte est la résidence des Ghiraï7». Ces cours et ces galeries, que balayait le front des pachas; ces divans, jadis trônes delà puissance ou confidents de Tamour, la cigale les franchit ou la couleuvre les étreint de ses nœuds.
La blanche clématite s'élançant à travers les vitraux colorés sur les parois et les voûtes muettes , s'empare au nom de la nature de Touvrage des hommes , et trace en lettres mystérieuses, comme autrefois aux murs de Balthasar, le mot K RUINE. ))
Au milieu de la salle règne un bassin de marbre,* c'est la fontaine du harem. Le temps Ta respectée -, pleurant des perles brillantes , voici ce qu'elle murmure au sein de la solitude :
« Amour, gloire et puissance, qu'êtes-vous devenus ! vous deviez durer toujours et survivre à mes ondes fugitives. 0 honte ! vous avez passé, et mes larmes coulent encore !... )>
BAQTCHÊSARAÏ LA NUIT.
Les pieux habitants abandonnent les djamides 7^ * Técho de Fizan se perd dans le calme de la soirée : Thorizon se co-
15S POÉSIES DIYBBSBS.
lorc des feux du rubis, comme une vierge rougissante. Le royal amant de la nuit * monte sor son trône d'argent et va reposer sur le sein de sa fiancée.
Les éternelles clartés des étoiles brillent dans le harem des cieux. Parmi les étoiles ^ un seul nuage vogue sur la plaine azurée, comme un cygne endormi sur les eaux d'un lac. Sa poitrine est blanche et son plumage est frangé d'or.
Ici, Tombre d'un minaret et d'un cyprès se brise en tombant sur la terre ; plus loin, des géants de granit , sourcilleux, tiennent conseil, semblables aux démons qui siègent au divan d'Éblis 74,
Sous leur pavillon de ténèbres. Parfois un éclair s'éveille à leur cime , et sillonne avec la rapidité du Pharis 7^ les silencieux espaces de saphir.
TOMBEAU D'UNE POTOÇKA 76.
Dans cette, terre de délices, asile du printemps, tu t'es donc fanée, jeune rose? car les joies dupasse, en fuyant loin de toi comme des phalènes dorées, ont jeté dans ton sein le ver rongeur du souvenir.
Là, au nord, vers la Pologne, brillent des myriades d'étoiles! Pourquoi donc plus sur ce chemin qu'ailleurs? Ton regard plein de flamme aurait-il, en volant vers la patrie avant de s'éteindre dans la tombe ^ imprimé sur le ciel ses traces lumineuses?
Polonaise, et moi aussi je finirai mes jours dans l'isolement et le deuil ! Puisse une main amie laisser tomber ici un peu de terre natale ! Souvent les pèlerins s'entretiennent sur ton mausolée ;
* Littéralement, le roi argenté de la noR. Gfest la Hine, dont le gmre en polonais aossi bien qa*en aralie est masculin.
SONNETS DE &B1M££. Id9
Comme toi je m'éveillerai aux accents de la langue maternelle : et le poète solitaire ^ en rêvant un hymne à ta gloire, verra unetombe voisine et me donnera aussi quelques tristes refrains >.