S 1I0TB
•xpédltioii avee le «Blonel Pncsdzie^i. La foale, prosternée devant Timage da Sclgncttr, attenëait sa dernière hearo avec recoeillement et résignation. Un silenee soienDel, interrompa de temps en temps par la voix angaste dn prêtre qol ofISeiait, régnait dans l'enceinte sacrée.
« Une pinte d'ean*de»vie» Yvan, que J'alwls ce oorl)eau, dit i*an des Kalmooks qui parurent à l'entrée.
— Va, reprit i*autre. »
« La balle dtfla, et le prêtre tomba au pied de Tautel.
« (Tétait ie signal du carnage. i« sabre à la malQ» le poignard entre les dents, les Kalmonks se rnèflcot dans le temple. Non, Je ne pourrai Jamais peindre cette scène horrible , où le sacrilège ^ le viol et le meurtre profane- Dent la maison de Dieu, où le rire féroce des assassins se mariait au râle drsvlQlimes.
« Un enfant de cinq ans, entoocant de ses petites mains lecorps inanimé de sa mère, gênait ie Kalmonl^ occupé & dépouiller le cadavre. Déjà le farouche soldat levait le bras pour le frapper...
« Camarade, dit raqtre en rarrêtant, que vas-tu faire? ce marmot-là ne vaut pas un coup de poignard. »
« Et II saifit le garçon par la jambe, fit un moulinet avec son corps, et •la tête de Fenfant alla se briser contre le mur voisin,
« Blottie dtcrièie un confessionnal et entièrement cachée par un grand taUean de la sainte Vierge, la Jeune Adèle M*** croyait échapper aux regards avides des meurtriers. Vain espoir; on soldat ivre de sang et d'eaude-vie la trouva : .
« Viens, £«jcAA« (Polonaise), viens partager ma couche, dit-il. »
Et, la saisi ss ant par sa longue cheveluie, ce barbare reotraimiit hors de régllse r lorsqu^m vieillard à cheveux blancs, s'efCocçant en vain de le repousser d'une main affaiblie, s'écria :
« Inhumain ! prends mon or^raonsang, ma vie, mais laisse-moi ma fille ! »
— Toi, ton or et ta fille, tout m'apjMrtient, dit levasse ie renversant par terre d'un coup de pied. » Le vieillard tomba sans connaissance ; ie Ausse entraîna sa victime à demi morte.
« Cela va bien , Nikita , n'est-ce pas que cela va bien? prononça une voix rauque. Le soldat s'arrêta.
•^ Pas mal, mon commandant
— La petite est assex gentille; (^est un morceau d'offioiec, et tu me la
^ Excusez, (mradnik (lieutenantj, la fille est à mol et Je la gardie.
— Malheureux! Je te l'ordonne...
— Eb bien, prends-la ! • répondit le soldat en laissant édiapper un rire Infernal; et il enfonça un poignard dans la poitrine découverte de la Jeune fille, L'ouradnik contempla d'un air farouche les restes inanimés de la Jeune martyre^ et, lui enlevant sa pelisse :
« Elle est encore assez bonne, dit-il ; quoique tachée de sang, un Juif pourra toqjours l'acheter. Ce qui est bon à prendre... »
« Un quart d'heure après, tout était tranquilte; l'ordre réffnait à Oumiana : seulement un tas de cadavres encombrait rentrée de l'église, et un torrent de sang inondait la terre.
« Le lendemain un TV Heiém fût chante par ordre du commandant russe, en action de grAoes.
« Une kraminka (10 fr.), meoslewr, et J« voua vends^la ! « dit aa omI-
Digiti
THADBB SOPLIÇA. 4kB
hearenx père on Rasse à éémlArfe, rtiotMfiiùi att dtfet êOMiiglaiité. C*é^ latent les boacles d'oreilles avec les (yreiiles mêmes de sa fille que te Moskovite voalait lai vendre.
« Le père n'eal pins la force de résister, et moamt qdekfnes Jours après. Les boucles d'oreilles de sa fille se trouvent a«^oard*bai entre les d'un général russe... « Un habitant d* Osimiana. «
*» Les Prussiens furent de tout temps les chacals des Moskoviles. Le i sacre de Fiscbaû a été accompli, en 1832, par les Prussiens, sur les soldats polonais, désarmés, qui étaient entrés en Prusse sur la fol des traités. « Il y a quelque chose de plus méprisable que le bourreau, dit ScMller dans Don Karlos, c'est son valet. » (V. p. 455).
^ « Au retour du tzar Nicolas de Moskou, ces soldats prisonniers furent condamnés à recevoir, à quatre reprises, 8,000 coups de verges ; et cela en face d'une église et au milieu d*un port fréquenté par des navires de tontes les nations, comme pour braver à la fois'Dieu et le genre humain. Le rédt du premier quart de leur supplice a été donne par les journaux anglais. On guérit maintenant ceux qui ont snrvécu, poiïr lenr faire sultir les troié autres. » [Pfote de M, de RÊontalembert.)
^> Thadée Sopliça.— La sainte Tierge Marie, reine de Pologne et grande^ duchesse de Llthuanie, a plusieurs tableaux mlracnlenx en Pologne. Les plus renommés sont celui de Czenstochowa^ petite ville Awtiliée danB te palatinat de Kalisz, et celui de la Porie-ostra, dans Viino, objet dlin culte particulier pour les Lithuaniens. Le premier était peint d'après nature, par saint Luc, évangéliste, selon la tradition populaire, lien est d'autres encore d'une moindre célébrité, comme œax dacbâteaa à litmosrodek^ de Zyrowieçt de Berdyczew et de Bontn, (f)
&• Tbadée Revtao fut, en I79S, te clief de i'opposltton nationale contre la faction moskôfite. Grand dtôyen comme Gatoi , il mourut de la même manière.
» Deux hommes de guerre ont porté Vers la lin du dernier siècle le costume du peuple, la eapote grise : Kosciuszko et Napoléon.
&< Après llnsorrectlon de Krakovte, te M mars 1794, et celte de Varsovie, le 17 avril, Vilno fit la sienne le 23 du même mois. Deux compagnies, dont Tune était à peine formée, secondées par quelques habitants, suffirent pour désarmer une garnison de trois mille hommes et pour faire quinze cents prisonniers, le général Arsenteff à la tète; et tout cela gr&oe aux dispositions du Jeune colonel Jacques lasinski, excellent ingénieur et républicain intrépide. Après ce conp de main, nnique dans l'histoire, lasinski livra trois batailles consécutives en rase campagne* celle de Niémenczyn contre Lewis, celle de Polany contre Déioff, et celle de Sioly contre Nicotos Zouboff . Quand lasinski fut rappelé auprès du généralis* sirae Kosciuszko, on déféra le commandement de la Lithuanie au général Wlelhorski ; et le 12 août, Vilno dut se rendre anx Russes, malgré des efforts inouïs. L'bérolque lasinski périt le 4 novembre 1794, sur les remparts de Praga, avec Korsak, GrabOfwski et vingt mille habitants égorgés par Souwaroff.
^^ I^ statut lithnanfen promulgué en 1569, qui fut la phis avancée des constitutions alors en vigueur en Europe, a été maintenu nominalement josqu'en 183S. Depuis, le glaive a passé sur toutes nos Institutions. Les titres administratifs ou Judiciaires, que nous rencontrons dans le cours de cet ouvrage, se rapportent tiNks à oe premier code Htlniaoiefi, q«i avait
Digiti
fwto det racfBct proffoDdci daot la DaUoD. les cbargeB et lea emploU étaient tombéi en désuétude, les titres subsistaient encore. L'élection UImw faisait toujours le fond du caractère polonais. Cest ainsi que les amis, les voi- . sins, les cUenIs distribuaient à volonté des qualifications honoraires qui , plus tard, passaient même dans les actes ofticiels.
Les Juges, comme les trilMinaax, étaient de deux sortes : le juge de cbâtelet (caêiri v. cattrenâisjudex), et ie Juge terrestre (terrestris, v. particuiariumiatra/nnrumjudex). Notre digne hôte, le Juge Sopliça, appartenait à cette seconde variété. Mais comme en général, depuis le partage, la eoor d'appel se trouve à Saint-Pétersbourg , les tribunaux des provinces ont à peine gardé une ombre de leur dignité traditionnelle.
A cette ocfianisation, vidense d'ailleurs, mais pleine de vie et d'activité, les Russes ont sul>stilué leur infernale hiérarchie mogolienne ou chinoise, les ichin (Y. 1 1, p. 456), dans laquelle respire le calme du désert et le silence de la mort.
^ Le ffayski (decurio v. iribunus) était un officier palalinal ou territorial, dont les fonctions consistaient à surveiller les femmes des gentilshommes qui montaient à chevai pour aller combattre. Ne pouvant mieux fidre, nous l'avons traduit par sénéchal; de même que nous l'avons fait pour le porU'Cieftt qui n'était rien moins qu'un geôlier, mais plutôt un n^Joidome, un CaUb de haute volée de la maison des Horeszko-
&^ Le Podkomorzp ( princeps nobUitatis , prafectus cubicuti , decurio cubicuiariorum régis; M. Kbombr) : chambellan royal {Prafectus tvgendorumfinium^ vulgo aubcamerarius), chambellan terrestre. Celait la suprême dignité du palalinat H présidait les cours territoriales ou de dé« limitation. (t)
^ Le JFozny^ sergent, crieur, huissier. Celui qui fait les exploits de justice {curio). I>e sergent-de-camp avait la garde des bagages (pnpco exerciluà).
M La répétition firéquente de cette phrase, comme de certains vers de l'Odyssée : « Nous mimes à la voile et nous partîmes le cœur attristé , etc. >» atteste une fois de plus les fortes éludes de Hiçkiewicz sur l'antiquité. Quoique romaniigtie^ il parlait très-couramment la langue d'Homère et celle de Virgile.
•• On sait que Yespasien avait établi un impôt sur les urines. Il remplit le trésor épuisé sous les règnes de ses prédécesseurs, et fit construire le Cotisée. Yespasien ftit leplus populahredetous les empereurs. Il aimait l'argent, mais il l'aimait pour le peuple et non pour lui-même.
** Notre poète excelle dans la peinture de ces types grandioses de prêtres polonais ; comme le prêtre Pierre dans lesMaftyrs^ celui du Presbytère^ etc. Dans tous les ouvrages de Mtçkiewlcz, le prêtre Joue un grand rôle ; mais le prêtre comme la Pologne seule, de nos Jours, pouvait lui en offrir des modèles. Le frère Robak n'est pas le moine espagnol cachant un poignard sous le froc, ni le Jésuite français glissant dévotement à ses ouailles un conseil poHtl(E|ue parmi ses exhortations religieuses, ni l'inquisiteur italien excommuniant les proscrits que son glaive ne peut atteindre; c'est le guerrier, c'est le citoyen devenu prêtre sans cesser d'être homme, exerçant à tout moment la plus belle, la plus divine vertu du prêtre : l'humilité! Aobak^ en polonais, signifie ver de terre. On lira dans le onzième livre l'origine de ce nom; le récit de cette sublime expiation de vingt années, qui se termine par le martyre, est une des plus belles pages de la littérature
THADÉE 80PLIGA. 46 1
rooderne. Bymvid dans Grajina^ Halban dans Konraâ^ Pierre dans 'len Aievx, Robak dans Thadée : admirables têtes de vieiltards comme notre Kasimir Delavfgne seul en France savait les peindre.
«^ Les deax premiers mots de tonte langue d*homme, les mois Patrie et Liberté ne se trouvent point dans le russe. On est forcé d*employer une périphrase pour les exprimer.
<^3 Les sorcelleries de Bonaparte et de Souwaroff sont le thème d*nne foule de contes populaires en Russie. (f)
** VJêsesseur était Péchelon infime de la hiérarchie Judiciaire. C'était une espèce de Juge d'instruction en permanence, chargé de verbaliser et de dresser des enquêtes sur tous les délits de police. Dans la législation moskovite, il a été supplanté par le Zasidatel, espèce d'espion à poste fixe, logé, nourri et grassement rétribué par les propriétaires. Le Régent^ variété du Notaire, greffier, à la tète du bureau des hypothèques.
^^ Joseph, comte Niesiolowskf, le dernier palatin de Nowogrodek, fut le chef du gouvernement provisoire à Yilno, après Tinsurrection de lasinski.
«*' Georges Bialopiotrowlcz, le dernier greffier du grand-duché de Litbuanie, appartenait au tribunal révolutionnaire. Les vertus et le patrio* tisme sont héréditaires dans sa famille en exil.
^' Sluçk, Jadis chef-lieu de duché, est célèbre Jusqu^à nos Jours par une manufacture d'étoffes précieuses et de riches ceintures , partie essentielle du vieux costumé polonais. (f)
^ Ce fut durant cette marche de Henri Dombrowski (1806) que Ton entendit pour la première fois le célèbre chant national : « La Pologne ne mourra pas... etc., v qui souleva toute la nation comme un seul homme.
^ C'est le général Kniaziewlcz qui fut chargé par l'armée d'Italie de présenter au Directoire les drapeaux conquis sur l'ennemi. Cette imposante cérémonie eut lieu le 18 ventôse an Vil (8 mars 1799). (f)
7* Le prince lablonowski, commandant de la légion du Danube , qui fut presque entièrement détruite à Saint-Domingue. Au nombre de ceux qui échappèrent, est le général Malachowski, mort en exil. (f)
" Une soupe noire servie au Jeune homme qui recherchait une demoiselle en mariage lui annonçait que sa recherche n'était point agréée, (f)
^'^ L'exécution des arrêts' des tribunaux était très-difficile en Pologne du temps de la république. Dans un pays où le pouvoir exécutif n'avait pour ainsi dire aucune force armée à ses ordres, où les grands entretenaient des troupes à leur solde, quelques-uns, comme les princes Radzivill, au nombre de plus de io,ooo hommes, le plaignant qui voulait obtenir justice était obligé de s'adresser à la noblesse. Ses parents, ses voisins, tous en armes , suivaient l'huissier chargé de l'exécution de l'arrêt et faisaient littéralement la conquête des terres que le tribunal avait adjugées au plaignant, et dont rbuissier le mettait alors en possession de par la loi. Cette exécution , à main armée, d'un arrêt Juridique, s'appelait zaïazd. Dans les anciens temps , où les seigneurs même les plus puissants n'osaient s'opposer à la Justice, ces expéditions étaient rares et sévèrement punies. La corruption des mœurs les rendit plus fréquentes par la suite , dans les provinces lithuaniennes, (f)
^^ Le prince Dominique Radzivill, grand amateur de la chasse, émigré dans le grand-duché de Varsovie, monta à ses frais un régiment de cavalerie. Il mourut à Paris, après avoir fait construire le passage qui porte son nom. Avec lui s'éteignit la branche aînée des princes Radzivill de Mies-
Digiti
wiéje, les plus grands seigneurs de Pologne, et sans doato aussi de TEurope entière. Ses revenus étaient plus considérables qu*auJourd'liui ceux de la reine d'Angleterre. (t)
''* Méien se distingua durant la guerre d'indépendance sous Koscinszko. On montre encore à Viloo les remparts de Méien. (f)
'^ Il est en Lithuaoie un po4me populaire sur la Guerre des champignons dans laquelle sont énumérées les espèees mangeables. (f)
''^ Le chant populaire, première école de Miçkiewicz, revient à chaque page dans ce poème , comme un écho des premiers beaux jourti de sa vie. O» quelques rers sont tirés d*nne chanson très-répandue.
^^ Peintre d'histoire et paysagiste. Mort à Saint-Pétersbourg. if^
'8 Le ceniuriany préposé sur une centaine de paysans, espèce de maire de village.
'''^ Le capitaUie SprawnikyChet de la police du dictrlct. Le Strapczy, espèce de procureur du roi. €es deux fonctions subalternes de Tadministration russe sont en grande haine chez les citoyens. (t)
'^ Lezdeyko , grand-prètre de Tandenne Lithuanie. Trouvé enfant dans un nid d'aigle; plus tard, lorsque la Lithuanie est devenue chrétienne, Lezdeyko se Jeta dans les flammes consacrées aux dieux.
*<> Voyez au sujet du songe de Gédymin , le beau roman historique de Sernatowicz Poîata^ traduit par Letourneur. Quelques passages du quatrième livre sont dus à la plume patriotique d'ÊUenne Witwieki, le poète des v«uves et des orphelins , ancien ami de Miçklewicz , mort en exil.
"^ Le dernier Jaghelton, Sigismond- Auguste (mort en 1572), fut couronné grand-duc selon Tancienne coutume, avec le kolpak de Vitold. Comme tous les Jaghellons, il aimait passionnément la chasse. (4*)
83 Voyez la note n« 4, p. 437, sur les chênes consacrés aux dieux, nommés BaàblU.\
»< La rivière de Ross, en Ukraioe, a donné son nom à la Russie, ancienne dépendance de la Pologne.
B^ Jean Kochanowski, le prince des poètes polonais (i 630-1684), aimait à composer sous l'ombrage d'un vaste tilleul, dans son village héréditaire de Czarholas.
^ Se vérin Goszczynski, un des meilleurs poètes de l'école romantique, auteur du Château de Kaniow.
^'' Cette architecture Juive, très-Udèlement décrite, est tout ce que les Juifs nous ont apporté pour prix d'une hospitalité de cinq siècles. Ce sont les Juifs et les Jésuites qui ont le plus activement coopéré à la chute de l'an> cienne Pologne; les premiers en la dépouillant de sa richesse matérielle, en lui prenant son or, les seconds en la dépouillant de sa richesse morale, en ruinant son intelligence. Abrités sous nos lois contre la persécution qui les frappait partout ailleurs, les Juifs ont été de tous temps les agents, les esj^ons et les pourvoyeurs de nos ennemis. Ëgarés, dépravés par le Talmud, qui leur enseigne la haine des chrétiens, ils sont incorrigibles, inclvilisables ; ils ont une horreur instinctive pour tout travail sérieux, et vivent de l'usure ou de la fraude. Notre langage leur répugne] ils n'ont cessé de parler entre eux un patois allemand, qui leur sert à duper ceux qui sont forcés de recourir à leur industrie. Le peuple est resté pur de tout mélange avec eux ; mais, il faut le dire» une partie de la noblesse très-minime à la vérité, s'est souillée par une huntmise mésalliance avec cette
Digiti
THADBB 80PLIÇA. 463
raoe Alijeele. De Q6t alliage sont •orUsIoei dttéttaaft Jadaisoiits, doués d^aoe attraction singaliëre poar rétrangêr, taatôt RoiseB, tantôt Fiançais , tantôt Alleosands, et <iui« sont des noms polonais, souvent sons des titres d*eaipniiit, ont toi:yoan fait la honte et le malheur de la Pologne. Cesl un fléaa; et, oomme tel, faute de pouvoir le détruire» notre loi nous le défend, il faudrait Tisoler : ou, mieux encore, ie renvoyer vers son point de départ.
Les Jésuites, assis sur le trotte de Pologne avec lean-Kasimir Yasa, de funeste mémoire , ont par leur fanatisme, leur incapacité, leur orgueil, soulevé la question des dissidents et mis le pays à deux doigts de sa perte. Celte question, réveillée plus tard, a servi de prétexte an pieminr partage. En échange de la belle littérature du seizème siècle, notre AfiS'd^or, ils nous ont donné crîle de Bartocbowski et du père Baka, dont nous trouvons un curieux spécimen à la page 340. Cette congrégation soi* disant religieuse, fondée sur le rêve d'une théocratie universelle (comme aujourd'hui le. panslavitme russe), a fait à elle seule plus de mal à la Pologne que tous les Tatars les Kosaks, les Suédois, les Turks et les Moskovites ensemble. Déddémeni la ferme monarchique ne devait point prospérer en Pologne ; ce sont nos deux plus grands rois, le Piast Kasimir et le Rouman Etienne Batory, qui ont admis et naturalisé sur notre sol ces deux fléaux, le juidalsme et Tiotoléraoce, tous deux mortels et sans remède. Jugez des autres ! Les princes Czartotryski, pour sauver, disaient-ils, le principe monarchique, font mieux encore; ils introduisent les Russes en Pologne, c*està-dire au coeur de TEurope. Voici en deux mots, le fidèle résuiné de notre histoire, depuis le quatorzième siècle.
M Les holomyihi de la Russie-Rouge (GaUicie)et les mazourki delà M azovie ( Grande-Pologne) sont des airs populaires qui se chantent et se dansent à la fois. Le peuple polonais serait le plus Joyeux de tous s'il n'était le plus opprimé. Rien n'égale Tentrain et la gaieté de nos chansons populaires, surtout de celles des environs de Krakovie {Krahowiahi), Y. Les musiciens slaves et polonais, par Albert Sovi^inski.
>» La marche de 0ombrowski. Ibidem. Paris, chez Adrien Le elere.
^ Selon ropinion générale, partagée môme par quelques ornithologues, les becs des grands oiseaux de proie se courbent de plus en plus avec rage; en sorte que la partie supérieur^ en se repivyant sur lluférieure, ferme le l)ec, et Toiseau meurt de faim. Les Âmes des tyrans deviennent après leur mort des oiseaux de proie. (t)
»• Le lieu de sépulture de tous les animaux sauvages, dont on ne trouve Jamais les squelettes dans les forêts , est encore un problème pour les zoologistes.
»^ SlovOf la parole ou le verbe, est la racine de Slavti, la gloire, la renommée ; Slavianie, les Slaves. Piiémy, muet, sans parole (infans), est la racine de Niémieg, Allemand, étranger.
93 II faut se rappeler que le caractère du comte est purement de fantaisie. Rien de pareil n*a Jamais eu lieu en Pologne, si ce n'est dans les drames et les romans du poète anonyme auteur de la Comédie itifernale et de la Nuit d'Été.
9* On appelle en Lithuanie Zascianek (bourgade) les villages habités par la petite noblesse, pour les distinguer des villages, fFies^ habités par les paysans.
^ Les armoiries de la Couronne portent l'aigle blanche sur champ de
Digiti
464 NOTBS.
goealés ; celle» âa graiid-daehé, le cavalier de Saint-Georges ftnr champ d*azar. Elles ont été réanies depuis 1386.
M Qaand le roi voulait faire une levée en masse, il fiaisait planter dans ohaque paroisse une haute perche avec un faisceau de branchages au sommet Chaque nol>ie ou cavalier devait, sous peine de dégradation et d^infamie, rejoindre le drapeau de son paiatinat (f)
^' La confédération de Bar ( 1768- 1772), levée de l)oucliers delà petite noblesse, commandée par les frères Polawski, avecDumourier, Cboi8y,Yioménil, aurait sauvé ta Pologne du premier partage, sans les trahisons du dernier roi de Pologne, Stanislas- Auguste, et de rinfâme parti moskuvite.
^ La farine de Marimont, petit village aux portes de Varsovie, est la meilleure de Pologne, et nous pouvons Taffirmer sans exagération, de TEu*. rope entière. Le moulin de Marimont servit de refuge au roi Stanislas-Auguste, après la tentative d'enlèvement faite par les confédérés de Bar, la nuit du 3 novembre I77i.On sait que les confédérés n'ont Jamais eu le dessein de tuer ce misérable. Il n'y a point de régicide dans notre histoire.
^ C'est la comète de I8II, observée par Poczobnt (f) "^
"» L'abbé Poczobut, ex-jésuite, comme la plupart des professeurs de Yilno. Auteur d'un ouvrage remarquable sur le zodiaque de Denderah , il a secondé Lalande dans son calcul de l'orbite lunaire. Voyez sa biographie par Jean-Sniadeçki.
•<" Les deux frères Jean et André Sniadeçki, l'astronome et le naturaliste, ont le plus contribué, vers la fin du dix-huitième siècle, à relever l'instruction publique en Pologne. La Géographie physique de Jean et la Théorie des êtres organiques d'André sont des monuments impérissables de leur génie.
'<|3 Les moeurs des Lithuaniens ont été Jusqu'à l'époque du partage bien en- arrière des mœurs des Polonais. Qu'on se rappelle que la Lithuanie n'a reçu la civilisation chrétienne qu'au quatorzième siècle. Quant au patriotisme, à la valeur, au dévouement, elle a toujours été l'émule et souvent l'exemple de la Couronne.
'•3 Le bourg de Dzierznotoiczé à été récemment le théâtre de l'odieuse persécution religieuse exercée en Russie sur tous ceux qui ne reconnaissent par le tzar pour leur souverain pontife ; et plus particulièrement sur les catholiques du rit tomain on grec-uni.
En 1839, les habitants de ce bourg situé dans le gouvernement de Yitepsk, et qui professaient généralement le rit grec-uni, furent, ainsi que plusieurs millions de leurs coreligionnaires , contraints de passer dans le sein de l'Église russe,«par les manœuvres tour à tour perfides et violentes du tzar Nicolas, aidé de l'apostat Siemiaszko. La réputation de douceur et de tolérance faite au tzar Alexandre II, enhardit ces pauvres gens à lui présenter en 1867 une supplique où, dans les termes les plus soumis, ils lui demandaient l'autorisation de retourner à leur ancienne communion. Le sénateur Stcherbinin fut chargé de la réponse. Après avoir vainement essayé de faire revenir les hai>itants de Dzierznowiczé sur leur demande, il employa les verges comme moyen de conviction ; et puis, il fit à son maître un rapport dans lequel il disait : « que la douceur, la persuasion, avaient ramené ses sujets à la croyance orthodoxe. »
De pareils faits ont été signalés tout récemment à Porazow en Samogitie, où le gouverneur de Vilno JSazimofJ ni l'infâme ISowiçki ont couvert leurs, noms de sang, d'exécration et d'analhèmes. Mais combien d'autres
Digiti
THADÉB SOPLIÇA. 46$
semblables sont restés iDconiias ! combien de gémissemenU de ces généreux coDfessears et martyrs de la foi de nos aïeux ont été pour jamais étouffés dans le silence et Poubli ! L*Ëorope ne s*en émeut nullement ; elle a d'autres graves sujets de préoccupation , bien plus dignes de son intérêt que ce martyre interminable de tout un peuple : la réunion administrative des deux provinces de la Moldo-Yalacbie, et Textension possible mais non probable du royaume de Sardaigne. C'est ainsi que la maxime favorite de Nicolas «c otihodoxie, autocratie^ nationalité , » est encore la règle de conduite du gouvernement actuel, soi-disant libéral et tolérant; en la com* plétant toutefois par cette dernière devise : <« hypocrisie. »
'*« Ce livre, ainsi appelé à cause de sa reliure, est le code martial des Russes. Au milieu même de la paix, le gouvernement déclare quelquefois une province en état de siège, et accorde ainsi au chef militaire une autorité absolue sur la vie et les biens des habitants, qui sont alors jugés d'après ce code barbare. On sait que depuis I8I2 jusqu'à la dernière ittsur«rection, la Lithuanie entière a été soumise au Livre- jaune, (f)
Le Jaune est la couleur du drapeau moskovile. Il devrait être plutôt rouge de sang.
'^ Massue. On choisit un Jeune chêne, on y fait des incisions de bas en haut et on y introduit des pierres h fusil que Técorce recouvre avec le temps, de manière à former des espèces de nœuds. Du temps du paganisme , ces massues étaient l'arme principale de l'infanterie lithuanienne. (f)
>^ Lors de l'insurrection de lasinslti , l'armée lithuanienne abandonna Yiino pour se replier sur Varsovie. Le général russe Dâoff, à la tête de son éiat-mi^r, se présenta à la porte Ostra. -Toutes les rues étaient désertes, tous les habitants renfermés dans leurs maisons. Un bourgeois ayant aperçu un canon chargé à mitraille, le pointa contre la porte et y mit le feu. Ce seul coup sauva Yilno. Déioff et quelques officiers farent tués. Le reste de Farmée craignant une embûche, s'éloigna de la ville. On ignore au Juste le nom de ce citoyen. (f)
(*7 Un Rosse refuser de Targent? Ceci n'est guère vraisemblable. Le capitaine Rykoff et le Juif Yankiel sont deux typesrbors nature. Mais il est dans les attributions de la poésie d'embellir toute chose.
'M Yaine illusion ; on ne peut et ne doit servir sa patrie que sur le sein de la patrie elle-même : notre exil de vingt-huit années l'a prouvé. Ce passage et le précédent sont supprimés dans Tédition de Varsovie» ainsi que beaucoup d'autres.
M» Je ne connais rien d'égal dans la poésie moderne à cette magnifique comparaison d'une foule agenouillée devant l'autel de la mère du Sauveur, à un champ de blé couvert de bleuets et de coquelicots : « Au son de la clochette, les têtes s'inclinent comme des épis devant la brise, etc. i» Cet épisode rappelle les plus belles pages des Géorgiques,
"* On sait que le corps d'armée polonais, sous les ordres deKnIaziewicz, a décidé la -victoire de Hohenlinden. Kniaziewicz , mort dans l'exil, a été enterré à côté de son inséparable ami et frère d'armes, l'éminent pofite Julien Niemoewicz , dans le cimetière de Montmorency. (Voyez 1 1«%
' ■' nCe que Dieu a jointe tes hommes ne sauraient le disjoindre^ » disait la reine Edvige aux Ëtats polonais , lorsqu'on lui offrait Jaghellon pour époux ; et plus tard Sigisraond- Auguste, le dernier des Jaghellons, au sujet de son mariage avec Barbe Radzivill. On pourrait en dire autant
Digiti
466 NOTBS.
de ralltaiioe de la Pologne et de là liUraanie, aHianoe éternelle que le partage et l'oppression étrangère ne sauraient briser.
"3 I.ech et Russ étaient frères, en effet, comme Abel et Gain.
»3 Le plus beau palais de Varsovie était sans contredit celui du général Paç, mort en exil à Smyrne. Cette demeure du patriotisme est ai]^|oard*hui convertie en bazar de llndustrie.
"* Observons que nous sommes en Lithuanie, « dans le pays conquis » comme on rappelle jusqu'aujourd'hui; que nous avons vu nous-mêmes vingt semblables repas , et que notre noblesse, accusée d'orgueil par des écrivains étrangers aux gages de la Russie, n'était point aussi barbare envers le peuple qu'ils voudraient le faire accroire : ce dont nous verrons tout à l'heure une preuve plus concluante.
>*^ Le prince Radzivill, surnommé V Orphelin, a publié la relation de son pèlerinage en Terre sainte. Il porta sur son dos, marchant de Lorette à Slotwicza, une statue de la Vierge en argent massif, célèbre par de nombreux miracles. (t)
Cette relation a été traduite du polonais ai latin par Thomas Treter, biographe des évéques de Warmie, et publiée à Anvers en 1614 sous le litre : « Jerosolymitana peregrinatio illustriêiimi princifiU Nicolai Christophori Radzivill dueis Olica et Nie$vi8u,palaUni Filnemh, etc. > Elle contient la pins complète description de la Terre sainte qoiaU eocore paru.
■K' Ptnetti fut un jongleur célèbre, et lit par ses sortilèges une grande fortune en Pologne. C'était le Home de son époque. (t)
>■' DisoDS-le franchement, Télimèneest une figure au pastel empruntée à la société moslLOvile et non polonaise, dans laqudle notre poète exilé n'a pas vécu, et qu'il ne connaissait que par oui-dire. Cest malheureusement le type de ces quelques femmes du monde dégénérées, dignes de pitié plutôt que de mépris , qui se trouvent à leur aise partout ailleurs qu'en Pologne. Sophie est un portrait ; Télimène estiun'ébauche manquée, un hors^ d'oeuvre, que nous regrettons de ne pouvoir effacer de Thadée SopHca.
" * Le gouvernement russe ne reconnaît comme citoyens libres que les nb« blés. Les paysans émancipés par leurs seigneurs sont inscrits aussitôt au nombre des sujets des terres impériales; et, au lieu de corvées, ils sont soumis à un double impôt. En I8I8, les dtoyensdu gouvernement de Vilno envoyèrent à l'empereur une députation pour proposer h sa sanction un projet de loi sur l'émancipation des paysans ,* mais il n'y fut donné aucune suite. Il n'y a pas d'autre moyen de donner la liberté à un paysan que de l'adopter. Plusieurs serfs se sont trouvés anoblis de cette manière. (f)
La pensée d'abolir le servage et d'émanciper les paysans dans les provinces conquises a éte, on le voit, la préoccupation constente de la noblesse polonaise. Les comités de Vilno, Kowno et Grodno, qdl viennent de prendre l'Initative de l'affranchissement du peuple, et de communiquer leur patriotique impulsion jusqu'à la Russie elle-même , n'ont fait que suivre l'exemple donné par leurs prédécesseurs. Une gloire immorUdle en rejaillira sur les promoteurs de cette mesure de Justice et de réparation, qui sans doute sera le signal de l'indépendance nationale.
' 1» Us Juifo, depuis le roi David, se sont particulièrement distingués par eur apti tude à la musique. Nous avons entendu en Pologne des ouvertures de Rossnii exécutées par des voix d'hommes et d'enfants, qui imitaient, à s'y méprendre, le son particulier des divers instruments. De nos
THADEE SOPLIGA. 467
jours, toQS les compositears un peu distingués, à l'exception du grand Rossini , sont juifs. Nous recommandons coite l>elle figure de Yankiei aux peintres de portraits.
■30 Comme le sénéchal Hreczecha n'a Jamais pu terminer son récit de la querelle de Reytan avec le prince de Nassau, nous allons le compléter pour lui. Reytan, blessé de la Jactance du prince de Nassau, se plaça à ses côtés dans une chasse. An moment où un énorme sanglier, rendu furieux par ses blessures, se précipitait sur eux, il lui arracha son fusil, et lui mettant entre les mains un épiea : « Nous allons voir, lui dit-il, qui de nous deux maniera le mieux cette arme. » Heureusement Hreczecha, qui se trouvait derrière eux, quoique à une grande distance, abattit l'animal d'un coup de fusil. Les deux seigneus se fâchèrent d'aboid ; puis ils se réconcilièrent et récompensèrent généreusement le sénéchal. Le prince de Nassao-Siegen était un aventurier célèbre du dernier siècle. A la tête de la flotte russe, il avait battu les Turks sar le lac Hmeo, mais il ayait été complètement défait par les Suédois. 11 lit ud assez long si^our en Pologne où il reçut des lettres de noblesse. Toutes les gazettes de l'Europe ont parié de son duel avec un tigre. (t)
En terminant ce livre, nous apprenons, avec une indicible Joie, que les habitants de la Grande-Pologne, fidèles à leur impérissable renom de patriotisme, se proposent d'ériger à Posen un monument en l'honneur de Miçkiewicz. Il aura une hauteur de douze mètres, y compris la statue, et sera sculpté par M. Vladlslas Oteszczynski , le frère du graveur célèbre à qui nous devons le portrait placé en tète de cet ouvrage. Celui que nous venons d'élever par notre travail Individuel est bien plus modeste sans doute ; mais les ennemis du nom polonais, de quelque nation et de quelque rang qu'ils soient, js'efforcerout en vain de le détruire : car il porte un reflet affaibli sans doute, mal3 immédiat et vivace, de notre plus belle gloire contemporaine.