Oeuvres poétiques complètes de Shelley
« Si nous inlrodiiisions Shelley auprès de nos lecleurs, ils leraienl des comparaisons, el ils ont du llair...
« Il y a un homme sur le comple de (}ui le monde s'est méchaniment, i^rossièremenl et hrulalement trompé. iMaintenanl qu'il est mort, peut-être lui rendra-t-il justice. »
Hyiîon.
« Shelley, honni de son temps, à peine deviné ])ar ses meilleurs amis, nous apparaît aujourd'hui comme un de ces malheureux el hienheureux solitaires, qui, pénc'trés des aspirations inconscientes de leur époque, sont par là même en coulracdilion llai>iaule avec la société qui les environne. Ils demeurent un mystère pour leurs contemporains et vivent dans le cercle magique de leurs rêves comme dans une île escarpée el inaccessihle. Privés de riiomma;,^e des vivants, ils jouissenl dun privilège auliemeul enviable, puisqii ils habitent une région supérieure aux vicissitudes du siècle. Par lame de leur pensée, ils sont de tous les tem|(S, car ils se rattachent à tout ce ([uil y a de plus noble dans le passé, comme ils annoncent ce (juil y a de plu I bear, dans l'avenir. »
Edoiaiîd Sculkk.
Ri'VHf (les Dctix-Mondi'^-. V février 1877.
II («aVRES POÉTIQUES DE SIIELLEY
« Shcllcy, le moins égoïste des hommes, a eu beausincliiier im instant devant les prétentions bruyantes et populaires de IJyron, le temps a définitivement remis à leurs places riiomme généreux et l'homme envieux. Otez à Byron sou enjouement <'yni(|ue et son éloquence sentimentale, mélange inégal de Louvet et de Rousseau, ôte/.-lui la puissance d'imagination satirique, ses nobles élans révolutionnaires et ses grandes qualités de combattant, il ne restera de ce géant manqué qu'un poète de troisième ordre, le moins viril et le plus égoïste des hommes de lettres. Otez à Shelley sa toi sublime, son dévouement héroïque, son amour du droit et de Tidéal, il sera toujours un des plus grands poètes de tous les siècles. »
Al(;f,hxox-(-haki,ks Swinkium;.
« Shelley a été poète dans toutes les acceptions de ce mot, qui en a tant. »
K.-I). Four.uKS.
Orif/ltitiii.r ri licaii.r csjirils ilc /Wiii//flcrrr (■oiilciii/ior/iliic.
« Shelley grandit davantage à mesure (|ue l'on s'éloigne de la date de sa mort. Son nom inconnu en France ne lardeia pas à prendre place dans TKurope entière auprès (lu nom de IJyron, (|uil ('clipseia sans doiilc aux yeux de la postérité. »
Ouïsse Bahot.
lîcrKv aiiiffiiijxiniiiir. 30 novembre 18G7.
« Nous (loiiliMis (|u un :iiili'i' poète miMJenie ail possédé à un i'-;.;:)! degr(> les plus hautes <|ualil*-s des plus grands maîtres anciens. Les mots de hardc cl d'inspiration, (|iii semblent si froids et si aiïecli's <|uaiid on les appli(|ue à daiiires ('ciivains luoilernes, oui une piopiit'-lé |)arl'aite qujuil nu les applique i\ Sbelley. Ce u'esl pas un auteur, mais un barde; sa |i()e-.ie ne semble pas de l'art, mais de linspiiatiou. >
œUYRES POÉTIQUKS DE SHELLEY III
« Ou n'a liiit'ie vu d'cspril dont la pensée planât plus haut et plus loin des ehoses réelles. In profond sentiment i;erniani(|ue alli<,' à des ('molions païennes a ])roduit sa poésie , poésie panthéiste, et pourtant pensive, presque grecque et pourtant anglaise, où la fantaisie joue comme une enfant folle et songeuse avec le magnifique écheveau des formes et des couleurs. Mais quelle ardeur secrète par delà ces splendides images, et comme on sent la chaleur de la fournaise par delà les fantômes colorés qu'elle fait flotter sur Thorizon ! Quelqu'un depuis Shakespeare et Spencer a-l-il trouvé des extases aussi tendres et aussi grandioses ?... Tout vit ici. tout respire et désire. »