‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 13 sur 105 · PREMIER CONVIVE · texte numérisé non relu

PREMIER CONVIVE

Ce sera moi !

TROISli^-ME CONVIVE

El moi !

CENCI, s'adrcssant à rouK (lui so Icvont avoc des gestes menaçants

Qui ose remuer? qui ose parler?

Se lournaiil vers la conipasnie

Ce n'est rien; inelle/.-vous i'U joie. — Prenez ganle ! car ma vengeance est c(»innic le message scellé dun roi, qui lue, et personne nOsc nommer le meurtrier.

Le banquet esl inlerniinpii : iiliisiciirs des convives parlent.

ni.ATr.ic.E Je vous en supplie, ne vous en aile/. |»as, nobles holes! PoiU(pioi la tyrannie et la iiaine impie saliritenlelles derrière les cheveux i)lancs dun père? l'our(pioi celui (pii nous a n'vètus de ces membres est-il celui cpii les torture et en triomphe? Pourcpmi nous, les désob'-s et les morts, sommes-nous sa propre chair, ses enfants et sa femme, ceu\ (piil devrait aimer et abriter? Ne Ironveroiis-nous (b)nc aucun relii^c d;ins ce vast(> monde s:nis pilie? (>b! pense/, donc, (|uel ahinie de mauv il a lidhi pour ellacer. dabnrd lamour. puis le lespect, il;ms le dueile tspril dun riir:nil. jus(pi a ce ipiil liiumpbe de 1,1 hniUe et de l;i ci ainle ! (Ml! peiis<'Z-y !... .liii suppnrlc iMMuniup. j'ai baisi- la main sacré-o qui

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nous écrasait contre lorro, jai pcns('' que peut-être ses coups étaient quelque châtiment paternel; j'ai excusé IxMucoup; beaucoup douté; cl, quand il nest plus resté aucun doute, jai cherché, à force de patience, d'amour et de larmes, à l'amollir ; et, quand j'ai vu (pie cétait impossible, je me suis agenouillée pendant de longues nuits sans sommeil, et ai fait monter vers Dieu, le Père de tous, des prières passionnées; et quand ces prières sont restées sans effet, j'ai encore supporté.... jusqu'au moment où je vous ai rencontrés ici, vous princes, et vous mes parents, à cette hideuse fête, donnée en l'honneur de la mort de mes frères! — Il en reste encore deux, sa femme et moi ; si vous ne nous sauvez pas, vous pourrez bientôt prendre part à une nouvelle fête, une de ces fêtes que les pères célèbrent sur le tombeau de leurs enfants! ...0 prince Colonna, tu es notre proche parent; Cardinal, tu es le chambellan du Pape; Camillo, tu es le chef justicier; emmenez-nous dici !

CENCI, il a conversé avec Camillo pendant la première partie du discours de Béatrice; il entend la conclusion, et alors s'avance

J'espère que mes bons amis ici présents voudront bien penser à leurs propres filles — ou peut-être à leurs propres gorges — avant de prêter l'oreille à cette jeune sauvage.

BÉATRICE, sans faire attention auK paroles de Cenci

A^ous n'osez pas me regarder? Personne n'ose me répondre?... Un seul homme, un tyran peut-il donc maîtriser ainsi les sentiments de tant d'hommes, des meilleurs et des plus sages? Ou est-ce parce que je n'intente pas une poursuite selon les formes scrupu-

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leuses de la loi que vous refusez d'entendre ma prière? 0 Dieu! Que ne suis-je ensevelie avec mes frères! l'ourquoi les fleurs de ee printemps évanoui ne se sont-elles pas llétries sur ma tombe? Plût à Dieu que mon père célébrât aujourdbui une unique fête, qui pût servir à tous!

CAMILLO

Un souhait amer dans la bouche d une fille si jeune et si douce ! Ne ferons-nous rien ?

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