‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 12 sur 105 · TROISIÈME CONVIVE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CONVIVE

Non, restez ! Je crois que c'est une plaisanterie ; quoique, sur ma foi ! ce soit se moquer de nous un peu trop solennellement. Je pense que son fils a ('pousc rinlante, ou trouvé une mine d'or dans lEldorado. Il n'a voulu que donner du piquant à quelque nouvelle de ce genre; restez! restez! Je vois à son sourire que ce n'est qu'une raillerie.

CENCI remplissant une coupe de vin et la levant en l'air

0 toi, vin étincelant, dont la pourpre éclatante pétille et bouillonne gaînient dans cette coupe dor à la clarté des lampes, comme le font mes esprits en apprenant la mort de mes fils maudits ! Que ne puis-je croire que tu es leur sang mélangé! car, alors je te savourerais comme un sacrement, et porterais avec toi une santé au puissant Démon de lenfer; lui qui (si, comme on le dit, les malédictions d'un père, de leurs ailes rapides, s'attachent aux âmes de ses enfants, et les arrachent du trône même du ciel) triomphe aujourd'hui dans mon triomphe! — Mais tu es superflu ; j'ai bu assez largement à la coupe de la joie, et je ne veux point goûter d'autre vin ce soir. Holà, Andréa ! fais circuler la coupe.

UN CONVIVE se levant.

Misérable que tu es! Personne dans cette noble compagnie n'osera donc s'élever contre ce scélérat perdu ?

CAMILLO

Pour lamour de Dieu, laisse/.-moi congédier vos hôtes! Vous êtes dans la démence! Il arrivera mal de tout cela.

SECOM) CONVIVE

<Jii ou le saisisse, qu'on le fasse taire!

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