LK.RETIA
Il est à peine minuit.
RÉATr.ICE
Oh ! (pie leulement, derrit're la pens('e (pii court, malade de sa vitesse, se Haine le Temps aux pieds de plumb!
Il i.r.i.iiA Les miiiiilcs passeiil ! S il allait se ii'xcijlcr a\aiil (|iie l'acte lïil accompli '.'
BÉATRICE
Oh! m(*rc, il ne doit plus se i(''veiller ! Ce (pie vous in'ave/ dit me jH'isuade (pic noire action ne leia (jue
déloger d'une forme humaine un esprit du profond enfer.
LUCRETIA
Il a parlé, il est vrai, de la mort et du jugement avec nne étrange eonfianee pour un homme aussi pervers ; comme quelqu'un qui croit en Dieu, mais qui ne se soucie ni du bien ni du mal. Et cependant, mourir sans confession !
BÉATRICE
Oh ! croyez bien que 1<; ciel est miséricordieux et juste, et qu'il ne voudra pas ajouter la terrible nécessité qui nous pousse à la somme de ses offenses.
Olimpio et Marzio entrent, en bas.
LUCRETIA
Regarde, les voici.
BÉATRICE
Toutes choses mortelles se hâtent ainsi vers leur fin ténébreuse. . . Descendons.
Lucretia et Béatrice sortent.
OLIMPIO
Quels sont vos sentiments à l'égard de cette aflairé ?
MARZIO
Ceux d'un homme qui pense qu'un millier de couronnes est un excellent prix courant pour la vie dun vieil assassin. Vos joues sont pâles.
OLIMI'IO
C'est le reflet blanc des vôtres que vous appelez pâle.
MARZIO
Est-ce leur teinte naturelle ?
Rabbk. II. — 5
OLIMPIO
C'est plutôt ma haine, et le désir impatient de l'assouvir, qui éteint les eouleurs de leur sang.
MARZIO
Alors vous êtes disposé à laflaire ?
OLLMPIO
Oui, si l'on m'oflrait mille couronnes pour tuer un serpent qui aurait mordu mon enfant, je ne serais pas
mieux disposé. Enlicnt BôaUice olLucrctia.
Nobles dames !
Étes-vous résolus i Est-il endormi ?
Tout est tranquille ?
BÉATRICE
OLIMPIO
MARZIO
LUCRETIA
Jai mêlé de l'opium à sa boisson; il dort si probmdémenl...
nÉATRK.K
Que sa mort ne fera que subsliliier ;in\ siens des rêves (jui cbàlit'iil le pi'clic, elle nv sera (|u'une eonlimialioii liMK'bi'eiise de lenfcr en lui . cl Dieu [misse; l'clcindrc !... Mais clcs-vous résolus? Vous savt'/ (pic eesl un acte haut et saint !
OLIMPIO
Nous sommes résolus.
LES CEXCI 75
MARZIO
Quant aux moyens de justifier cet acte, cela est votre att'aire.
BÉATRICE
Bien! venez.
OLIMPIO
Chut ! écoutez ! quel est ce bruit ?
MARZIO
Ah ! c'est quelqu'un qui vient !
BÉATRICE
Lâches que vous êtes, jouets de votre conscience, bercez dans le repos vos cœurs d'enfants. C'est la porte de fer, que vous avez laissée ouverte, ballottant au vent qui entre en faisant entendre un sifflement de mc'pris. Venez, suivez-moi : et que vos pas soient connue les miens, légers, rapides et hardis. ils sortent.