‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 26 sur 105 · LK.RETIA · texte numérisé non relu

LK.RETIA

Il est à peine minuit.

RÉATr.ICE

Oh ! (pie leulement, derrit're la pens('e (pii court, malade de sa vitesse, se Haine le Temps aux pieds de plumb!

Il i.r.i.iiA Les miiiiilcs passeiil ! S il allait se ii'xcijlcr a\aiil (|iie l'acte lïil accompli '.'

BÉATRICE

Oh! m(*rc, il ne doit plus se i(''veiller ! Ce (pie vous in'ave/ dit me jH'isuade (pic noire action ne leia (jue

déloger d'une forme humaine un esprit du profond enfer.

LUCRETIA

Il a parlé, il est vrai, de la mort et du jugement avec nne étrange eonfianee pour un homme aussi pervers ; comme quelqu'un qui croit en Dieu, mais qui ne se soucie ni du bien ni du mal. Et cependant, mourir sans confession !

BÉATRICE

Oh ! croyez bien que 1<; ciel est miséricordieux et juste, et qu'il ne voudra pas ajouter la terrible nécessité qui nous pousse à la somme de ses offenses.

Olimpio et Marzio entrent, en bas.

LUCRETIA

Regarde, les voici.

BÉATRICE

Toutes choses mortelles se hâtent ainsi vers leur fin ténébreuse. . . Descendons.

Lucretia et Béatrice sortent.

OLIMPIO

Quels sont vos sentiments à l'égard de cette aflairé ?

MARZIO

Ceux d'un homme qui pense qu'un millier de couronnes est un excellent prix courant pour la vie dun vieil assassin. Vos joues sont pâles.

OLIMI'IO

C'est le reflet blanc des vôtres que vous appelez pâle.

MARZIO

Est-ce leur teinte naturelle ?

Rabbk. II. — 5

OLIMPIO

C'est plutôt ma haine, et le désir impatient de l'assouvir, qui éteint les eouleurs de leur sang.

MARZIO

Alors vous êtes disposé à laflaire ?

OLLMPIO

Oui, si l'on m'oflrait mille couronnes pour tuer un serpent qui aurait mordu mon enfant, je ne serais pas

mieux disposé. Enlicnt BôaUice olLucrctia.

Nobles dames !

Étes-vous résolus i Est-il endormi ?

Tout est tranquille ?

BÉATRICE

OLIMPIO

MARZIO

LUCRETIA

Jai mêlé de l'opium à sa boisson; il dort si probmdémenl...

nÉATRK.K

Que sa mort ne fera que subsliliier ;in\ siens des rêves (jui cbàlit'iil le pi'clic, elle nv sera (|u'une eonlimialioii liMK'bi'eiise de lenfcr en lui . cl Dieu [misse; l'clcindrc !... Mais clcs-vous résolus? Vous savt'/ (pic eesl un acte haut et saint !

OLIMPIO

Nous sommes résolus.

LES CEXCI 75

MARZIO

Quant aux moyens de justifier cet acte, cela est votre att'aire.

BÉATRICE

Bien! venez.

OLIMPIO

Chut ! écoutez ! quel est ce bruit ?

MARZIO

Ah ! c'est quelqu'un qui vient !

BÉATRICE

Lâches que vous êtes, jouets de votre conscience, bercez dans le repos vos cœurs d'enfants. C'est la porte de fer, que vous avez laissée ouverte, ballottant au vent qui entre en faisant entendre un sifflement de mc'pris. Venez, suivez-moi : et que vos pas soient connue les miens, légers, rapides et hardis. ils sortent.

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