‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 3 sur 105 · W.-M. ROSSETTI · texte numérisé non relu

W.-M. ROSSETTI

Editeur et ))iograplie de Slielley.

« Shelley a trouvé en France un traducteur! non pas un traducteur qui, pour satisfaire sa propre vanité, ait choisi dans l'œuvre du jjoète, pour les donner au public, les pièces détachées chères à sa fantaisie, mais un fervent et enthousiaste disciple, qui a employé de longues années à traduire en prose française les Poésies complètes de Shelley, c'est-àdire un ensemble de plus de 30,000 vers. Nous autres Anglais, nous avons la malheureuse habitude de traduire les poètes en vers. Aussi nos traductions ne sont-elles que de pures adaptations.

« Depuis longtemps en France on a compris la folie d'un tel procédé ; la traduction en prose de M. Rabbe, dont le premier volume vient de paraître, est, à mon sens, admirable. Non seulement elle est littérale, si littérale que l'on y retrouve tout l'esprit de Shelley et le charme de son expression; mais encore elle rend merveilleusement bien cet idéalisme exquis, celte passion infinie ])0ur la lumière, la grâce et la vérité, qui, dans ces vingt-cinq dernières années, a valu au poète les hommages d'une jeune et fraîche adoration (ju'aucun autre poète n'a peut-èlre jamais obtenus. La puissance de la prose française est infinie ; il semble qu'il n'y ait rien qu'elle ne puisse rendre.

« Avant d'avoir lu la traduction de M. Rabbe, je ne m'imaginais pas qu'une langue étrangère pût, à ce degré, conserver les teintes et les harmonies aériennes du vers de Shelley, de ce vers qui n'est ni du feu, ni de l'air, mais

VI IKUVRES POKTIQUES DE SHELLEY

qui semble connue (issu de rélémcnt de quelque rêve divin... A ceux qui voudraient connaître quel((ue chose du plus juvénile et du plus aident espiit que le monde ait jamais vu. je leur dirai : Lisez la traduction de ?tl. Kabhe. »

Georcf. Moore.

Fi(/iiro du 22 mai 1886.

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