PREMIER ESPRIT
Sur le soiifne (rune Iroinpette do bataille j';ii accouru ici. vite, vite, vite, au milieu des ténèbres r(''pandues dans l'air. De la poussière des croyances vermoulues, de la bannière déchirée du tyran, réunis autour de moi, portés devant moi, éclataient mille cris confondus, — Liberté ! Espérance ! Mort ! Victoire ! — jusqu'à ce qu'ils se soient évanouis à travers le ciel. Et un seul son, au-dessus, autour, un seul son au-dessous, autour, au-dessus, se fit entendre ; c'était l'âme de l'amour ; c'était l'espérance, la prophétie, qui commence et finit en toi !
SECOND ESPRrr
Un arc-en-ciel s'étendait sur la mer, qui se balançait au-dessous, inébranlable ; et la tempête triomphante s'enfuyait, comme un conquérant, agile et orgueilleux, au milieu dune foule de nuages captifs, multitude informe, ténébreuse et rapide, chacun fendu en deux par l'éclair; j'entendis le tonnerre rire d'une voix rauque ; des flottes puissanl(^s furent dispersées comme des bulles, et un enfer de mort se déploya sur les eaux blanches. Je m'abattis sur un grand vaisseau entr'ouvert par l'éclair ; et je me hâtai de venir, sur le soupir d'un blessé qui donna à un ennemi sa planche, et puis plongea pour mourir.