QUATRIÈME ESPRIT
Je dormais sur les lèvres d'un ])oète levant comme un adepte de l'amour, qui ti(mt son haleine pure. Il ne clu^rche ni ne trouve les mortelhîs félicités, mais il se nourrit des baisers aériens des formes qui hantent les solitudes de la pensée. Il rcgardci'a du malin au soir le soleil rc'llc'clii par le lac illuuiiucr les jaimcs aheilles sur les lleurs du lierre ; il p.c recherche ni ne voil ce que sout <'es choses en elles-mêmes ; mais avec elles il peul cr(''er des formes plus réelles (|uun honnne vivant, nourrissons d'immortalité ! Une d'elles m'a éveillé, <'t je me suis hàlé d'accourir à Ion secours.
lONE
Ne vois-tu pas de l'Est et deri^uesi deu\ foruies venir, seuihlahles à deux coloiulies (|ui, vers un nid hienaiuié, noui'rissons jumeaux de l'air (|ui soutient loul, glissent sur leurs ailes rapides et silencieuses dans ratmos|)hère ? Et écoute! leurs douces ei Irislesvoix! C'est le (h'sespoii- nièh'- avec l'aDioiir (|ui s'exhalent en sons.
PA.xrni.A
Peux-tu donc |»ailer. ma sirui? 'Coules mes paroles resleul ('toud'c'es.
lo>E
l.eur heainé- me rend la voix. \ois connue elles
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nottont sur leurs ailes de la couleur du eiel, orange et azur se fondant en or bruni ; leur doux sourire éclaire l'air comme le feu d'une étoile.
cuœiR D 'esprits As-tu vu la forme de l'Amour ?
CINQUIÈME ESI'Urr
Pendant qu'à travers les vastes espaces je me hâtais, comme un nuage rapide (|ui vole dans les immenses solitudes de lair, cette forme, une planète au fi'ont, glissa rapidement sur ses ailes tressées d'éclairs, éparpillant la douce joie de la vie de ses cheveux d'ambroisie : ses traces pavaient le monde de lumière ; mais, comme je passais, elle s'évanouit, et la sourde Ruine ouvrit derrière elle sa gueule béante ; grands sages enchaÙK'S dans la démence, et patriotes décapités, et pfdes jeunes gens qui mouraient sans se plaindre, brillèrent dans la nuit. Je conliniiai d'errer jusqu'au moment où, ô Roi de Tristesse, tu passas du sourire le plus amer que j'aie vu à la joie retrouvée.