‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 59 sur 105 · SIXIÈME ESPRIT · texte numérisé non relu

SIXIÈME ESPRIT

Ah ! sœur ! La Désolation est une chose délicate ; elle ne se promène pas sur la tei're, elle ne flotte pas dans l'ail", mais elh^ marclx' avec des pas qui tuent et évente de son aile silencieuse les tendres espérances que les meilleurs et les plus doux nourrissent dans leurs cœurs ; et ceux-ci, bercés dans un repos trompeur par le vent caressant de ses ailes et le mouvement harmonieux de ses pas doux et actifs, rêvent des visions d'aérienne joie, et appellent le monstre. Amour, et veillent, et trouvent l'ombre Peine, comme celui que maintenant nous saluons.

Quoique la Riiino soit maintonant rombro de l'Amour, le suivant en dévastatrice , sur le blanc coursier ailé de la Mort, que les plus légers ne peuvent fuir, foulant aux pieds fleurs et mauvaises herbes, hommes et bètes, laideur et bi\auU', comme une tempête dans Tair ; lu réprimeras ce cavalier farouche, sans blessure dans le cœur ou les membres.

rilOMÉÏlIÉE

Esprits, comment savez-vous que cela doit être ?

LE (IKKUR

Dans l'atmosphère que nous respirons, — comme des bourgeons rougissent quand s'enfuient les ouragans de neige, au soufllc vivilianl du piinlcmps dont les douces brises foui tomber les vieilles feuilles, et les l)âti'es ei'rants savent (jue r«''pine blanclic (Iciirira bicntê)t, — Sagesse, Justice, Amour et Paix, quand ils lullenl pour croître, sont pour nous, (;omme les brises caressantes pour les jeunes bergers, la prophétie (pii commence et Unit en toi.

lOXE

Où les esprits se sont-ils enfuis ?

l'A Mill. A

11 ne reste d eux (pi Un sentiment semblable à la toute- |)uissancc de la nuisirpie, (piand la voix ins|)irée et le liiili languiss<'iil. :i\:iiil (|ii'ils ainii l'ail taire leurs replitpies, (|ui à travers les profonds hibyiintlies de I âme. eoinine les eehos à travers les vastes eaveiiies, loiiniriil et rollleill.

prométhi':e délivré 159

prométhée Qu'ellc^s sont belles, ces formes nées de l'air ! Et ce|ioiidant je sens combien est vaine toute autre espérance hors lamour ! Et tu es loin, Asia! loi qui, lorsque mon être débordait, étais comme un calice d'or pour le vin brillant qui autrement serait tombé dans la poussière altérée. Tout est silencieux. Hélas ! que lourdement ce paisil)le matin pèse sur mon cœur ; même vn rêvant, je pourrais dormir un pénible sommeil si le sommeil ne m'était pas refusé. Je serais heureux d'étie ce que mon destin veut que je sois, être le sauveur et la force de l'homme souttVant, ou rentrer dans l'abîme primitif des choses. Là aucune agonie, aucune consolation n'est laissée ; la terre ne peut plus consoler, le ciel ne peut plus tourmenter.

PAM'HÉA

As-tu oublié une amie qui veille près de loi pendant la froide et noire nuit, et ne dort jamais que quand l'ombre de ton esprit tombe sur elle ?

PROMÉTHÉE

Je disais que toute espérance est vaine, excepté l'amour : tu aimes.

PAMHÉA

Profondément en v(''rilé ; mais l'astre du levant blanchit, et Asia attend dans cette vallée Indienne si éloignée , scène de son triste exil, âpre autrefois et désolée et glacée comme ce ravin ; mais aujourd'hui revêtue de belles fleurs et d'herbes, et fréquentée par de douces brises et de doux sons, qui se répandent à travers les bois et les eaux, venant de l'élher de sa présence qui transforme loul, éthei- (jui s'évanouirait s'il n'était pas mêlé avec le tien. Adieu !

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