SCÈNE II
lino forêt parsem»^e tie rocliers ot ile cavernes. ASIA et l*A\THÉA y pénètrent. Deux jeunes faunes sont assis sur un r(Hlicr. ('■coulant.
l'I'.EMlKR DEMl-CIIOF-L'U d'eSI'KIÏS
Le sentier par lequel cet aitiiâl)le couple a passé, à travers pins, cèdres el ifs et autres arbres sombres à r<''ternelle sève, est caché derrière le rideau d'a/.ur du Ciel immense. Ni soleil, ni lime, ni veni, ni pluie ne peuvent percer S(>s berceaux entrelacés, rien, si ce n'(;st quand un nuai^e de rosée, poussé le long de la brise qui rampe sur la terre entre les troncs des arbres blancs de givre, suspend une perle à chacune des p'des (leurs du lauriei" verl, nouvellement gonflé ; alors s'incline et s'(''vanouit silencieusement une frêle et belle an('mone ; ou bien, (piand (piebinuiie des imiondjiables étctiles, qui grimpe et erre à travers les escai'pements de la nuit, a trouvé la crevasse à travers laquelle, solitaire, elh^ rayonne, tombée de ses sublimes pi'ofondeuis, avant d'èlre eiuporh'e dans Tesftace à travers les rapides (lieux (pn' ne connaissent pas le repos ; elle ('parpille les goiiltes de sa lumièi'e d'or, send)lal)Ies aux lignes de la pluie (pii ne se conloiident jamais ; et robscinùti'- disiiie règne ton! aleiilour, et au-dessous sélend la leri'e moussue.
KI.IXIKME DKMI-ClKM.l r,
Là, les voluptueux rossignols son! r(''veill(''s à travers loul le vaste midi. Huaiid l'un se seul (ler:iillii- de bonheur ou de li'istesse, et à travers les bi-anches du lierre immobiles, malade du doux amoui', s'exhale goutte à
PROMÉTIIKE Dl'XIVRl'; 1G9
goilUe en mourant sur le sein palpitant dharmonic de sa compagne, un aulre, de la lïeur (jui se balance, veillant pour saisii' la cadence languissante du dernier accord, lève alors en haut les ailes de la faible UK-lodie, jusqu'à ce quun nouvel essor de sentiment emporte la chanson ; et tous les bois sont muets... Quand on entend à travers l'air obscur le bruit précipité des ailes, et éclatant là comme un concert de flûtes autour d'un lac, les sons inondent le cerveau de; celui (jui les écoute dune telle douceur, que la joie est pi'esque une peine.