‹ Œuvres poétiques complètes de Shelley (volume 2)Chapitre 64 sur 105 · PREMIER DEMI-CHŒUR · texte numérisé non relu

PREMIER DEMI-CHŒUR

Là jouent ces tourbillons enchantés d'échos, à la langue musicale, qui attirent, en vertu de la puissante loi de Démogorgon, avec un charme faseinateur, ou une douce crainte, tous les esprits sur ce secret chemin ; comme des bateaux de l'intérieur sont entraînés vers l'Océan sur les courants grossis par le dégel des montagnes. Et d'abord il vient un agréable son à l'oreille de ceux qu'enchaîne la conversation ou le sommeil ; il ('veille ceux à qui il est destiné ; une suave émotion les attire et les pousse. Ceux qui en ont été témoins disent que du sein de la terre palpitante s'exhale un vent ailé qui les entraine dans leur chemin, tandis qu'ils croient (pie leurs propres ailes et leurs pieds rapides ob(''issent aux doux désirs de leur ànie. Et ainsi ils llottent sur leur chemin, jusqu'à ce que, toujours doux, mais retentissant et fort, s'étende au loin l'orage de la voix, entraînant dans sa fuite précipitée ceux qui courent derrière lui ; ses vagues amoncelées se rencontrent et se hâtent vers la fatale montagne, comme des nuages au milieu de l'air docile.

170 («aVRES POÉTIQUES DE SHELLEY

l'REMlEU FAUNE

Peux- lu iniaginor où vivent ces esprils qui font une si délicate musique dans les bois ? Nous hantons les cavernes les moins fréquentées et les fourrés les plus épais, et nous connaissons ces sauvages ; cependant nous ne les avons jamais rencontrés, quoique nous les entendions souvent. Où peuvent-ils donc se cacher ?

Page 1