‹ Œuvres poétiques complètes de ShelleyChapitre 135 sur 138 · SUR KEATS · texte numérisé non relu

SUR KEATS

{Qui désirait que sur sa tombe on mît cette inscription)

« Ici repose un homme dont le nom fut écrit sur l'eau. » — Mais, avant qu'ait soufflé la brise qui pourrait l'effacer , la Mort , prise du remords de ce meurtre féroce, la Mort, cet hiver qui donne limmortalité, coula en travers du courant; et le torrent sans empreinte du temps devint un rouleau de cristal portant en blason le nom d'Adonaïs.

11 me sembla que j'étais une vague dans la multitude du commun dos hommes, ce courant sans rivage, cet océan à la fois sourd et retentissant ; que moi, un homme, j'étais debout au milieu dun plus grand nombre sur le bord du chemin... ollrant laspect d'une impériale métropole, où de puissantes formes, pyramides, dômes et tours étincclaient comme une masse de rochers.

0 toi, immortelle divinité dont le trône est dans les profondeurs de l'humaine pensée, j'adjure ton pouvoir et toi, par tout ce que l'homme peut être, par tout ce qu'il n'est pas, par tout ce qu'il a été et peut encore être !

Je no voudrais pas être un roi; il y a assez de douleur dans l'amour; le chemin du pouvoir est escarpé et rude, et les tempêtes régnent sur sa tête. Je ne voudrais pas monter au Irôno impérial ; il osl bâti d'une glace (pu^ le soleil de l;i fortune lond dans les luuUouis de midi. Alors, adieu, roi ! Cependanl , si j"on ('lais un. le souci ne viendi'ait pas si vite. Lui et moi nous irions bien loin garder des troupeaux sur l'Himalaya !

Le rudo voul (lumlc le ( li;ml fuuobro do la nuisique niDrlo; les vers froids sallaclioiil l;i uù naguère les baisoi'S se ropaissaionl.

I'liTlTS FRAGMENTS 355

L'enfant est en paix dans la matrice ; le cadavre repose dans la tombe , nous commençons par oîi nous finissons.

Quand un amant étreint- sa très belle , livrons-nous à de terribles ébats, à la joie la plus rare. Leurs caresses ont été comme la paille dans la tempête, et que notre rire soit à lui son désespoir, à elle son épitaplie !

Quand une mère étreint son enfant, attendez que la poudreuse Mort ail entassé sous l'argile ses froides cendres; — elle la aimé plus d'un jour ; elle reste, et lui s'est évanoui.

Quand les doux vents et les cieux ensoleillés s'harmonisent avec la verte terre, et que la jeune aurore humide de rosée, hardie comme un faon qui n'a pas encore été chassé, s'étend sur le ciel sans brises , riez ! car en embuscade dans le jour, les nuages et les tourbillons épient leur proie.

Je défaille, je meurs de mon amour ! Je deviens aussi frêle qu'un nuage qui pâlit sous l'éclat toujours clvangeant du soir, je meurs comme une brume sur le vent ; je. tombe comme une vague sous le calme.

Grand Esprit que la mer de la pensée sans bornes nourrit dans ses cavernes imaginaires, où tu t'assieds

solitaire, comme dans mon esprit, donnant une voix à les vacues mystérieuses

Viens, toi qui réveilles l'océan de l'esprit, Zéphir, dont aucune pensée ne peut suivre la trace vers le nuage ou la caverne ! Hâte ton doux vol !

VERS

Nous ne nous rencontrons pas ce que nous étions en nous séparant ; nous sentons plus de choses que personne n'en peut voir ; mon s<'in recèle un cœur bien lourd, et le tien est plein de doute pour moi. Un moment a enchaîné les libres.

Ce moment est parti pour toujours ; comme l'c'clair qui a brillé et est mort ; connue le flocon de neige sur la rivière, comme un rayon de soleil sur la vague, que cachent les noires ombres.

Ce moment do temps a été marqué comme le premier dune vie de pein<; ; la conpe de sa joie «'tait mêlée. Illusion trop douce, quoifjue vaine! trop douce pour être encore la mienne !

Douces lèvres, si mon ('(cur avait pu cacher (|ue vous ("crasiez sa vie, vous n'auriez pas alors interdit la mort qu'un (d'iir si vrai cherchait dans votre anière rosée.

Il me semble qu'il m'en a trop peu coûté pour un moment ainsi trouvé, ainsi perdu

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